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Le nombre de « superinfirmières » appelé à tripler d'ici cinq ans pour favoriser l'accès aux soins de santé

Les « superinfirmières », ces infirmières praticiennes spécialisées (IPS) qui ont fait leur apparition dans le réseau de la santé au Québec en 2011 en réponse à la pénurie de médecins, sont de plus en plus présentes et le seront encore davantage dans les prochaines années puisque Québec veut tripler leur nombre, qui atteindra 2000 d'ici 2020.

Un texte d'Amélie Desmarais

En ce moment, environ 10 000 personnes sont prises en charge par des IPS en Mauricie et au Centre-du-Québec. Ces infirmières qui peuvent traiter des problèmes de santé courants et assurer le suivi de patients avec des maladies chroniques stables auront un rôle de premier plan à jouer dans le contexte du vieillissement de la population.

Les IPS travaillent en partenariat avec des médecins. Elles doivent pouvoir en joindre un en tout temps, mais sont seules avec les patients lors des consultations. Elles peuvent examiner des patients, faire des prescriptions pour des problèmes courants et faire des suivis en toute autonomie, explique la directrice du programme d'IPS à l'Université du Québec à Trois-Rivières, Sophie Longpré. « Dans une journée de clinique, l'IPS a une grande autonomie, dit-elle. À quelques reprises, elle va aller cogner à la porte du médecin, mais il y a un gros pourcentage de patients où [...] elle est totalement autonome. »

Les IPS de plus en plus nombreuses

La formation des IPS a commencé en 2009 au Québec. Les premières IPS formées dans le cadre de cette maîtrise de deux ans ont donc fait leur entrée dans le réseau de la santé en 2011. Elles étaient 57 la première année. Aujourd'hui elles sont 266 en soins de première ligne. On compte aussi 62 IPS spécialisées en cardiologie, néphrologie et néonatalogie.

Dans la région, elles sont 33, mais leur nombre devrait passer à 44 d'ici 2017. La Polyclinique du Cap, à Trois-Rivières, où travaille le Dr Pierre Martin, président de l'Association des médecins omnipraticiens de la Mauricie, a été l'une des premières cliniques à accueillir une IPS dans la région. Le Dr Martin avait alors voulu montrer l'exemple parce que plusieurs médecins étaient réticents devant l'inconnu à l'époque, selon lui. Seulement à sa clinique, 3 IPS, dont 2 travaillent à temps partiel, assurent le suivi de plus de 1500 patients.

Plus de demandes que d'IPS

Aujourd'hui la situation a bien changé, constate celui qui est aussi chef du département régional de médecine générale de la Mauricie. La demande des médecins dépasse maintenant la disponibilité. « Il y a des médecins qui lèvent la main et qui veulent ouvrir le partenariat dans leurs milieux respectifs et cette année, on avait 17 demandes pour environ 6 places, donc on a dû refuser des demandes. »

Leurs demandes devraient toutefois être comblées dans le prochaines années avec l'objectif du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, d'atteindre le nombre de 2000 IPS en 2020. 

Les IPS pourraient aussi obtenir plus de responsabilités et d'autonomie, selon Sophie Longpré. La directrice du programme de formation des IPS à l'UQTR affirme que des discussions sont déjà en cours avec le ministère de la Santé à ce sujet.

IPS et vieillissement de la population

En plus de leur rôle dans les cliniques et les groupes de médecine familiale, les IPS seront appelées à jouer un rôle important auprès des personnes âgées dans le contexte du vieillissement de la population. Le Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du Québec (CIUSSS MCQ) a créé un premier poste d'IPS dans un centre d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD).

Une personne sera aussi nommée au sein de l'équipe de direction des soins infirmiers du CIUSSS MCQ pour s'occuper exclusivement des IPS. « C'est qu'il y ait une personne responsable des IPS qui, elle, va vraiment être sensible aux problématiques qu'elles vivent et pouvoir réajuster au fur et à mesure les choses, explique Josée Simoneau, la directrice des soins infirmiers au CIUSSS MCQ, [...] parce que c'est une jeune profession il ne faut pas se le cacher, des modèles de rôle avec des responsabilités déterminées, [il n'y en a pas], tout est à construire. Cette personne-là, on pense qu'elle va pouvoir les supporter davantage dans ça. »

Des projets pour que des IPS soient déployées pour favoriser le maintien à domicile des patients sont aussi sur la planche à dessin.

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