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Le nouvel examen de conduite à moto jugé trop facile

Le nombre de motocyclistes morts sur les routes du Québec pour la saison en cours est le plus élevé des six dernières années. En date du 17 août, 28 motocyclistes ont perdu la vie en 2015 sur le territoire desservi par la Sûreté du Québec (SQ). C'est 56 % de plus qu'à pareille date l'an dernier. 

Un texte de Maude Montembeault

Cette triste statistique coïncide avec un changement des critères d'évaluation des examens pratiques en circuit fermé et une réduction des heures de théorie dans le programme de formation de la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ) bien que les données de la SQ ne permettent pas d'établir une claire relation de cause à effet.

Cela survient alors que le taux de succès à l'examen pratique en circuit fermé est le plus haut des 10 dernières années, avec 84,29 % d'épreuves réussies.

Selon Danny Marois, expert moto de l'Association des écoles de conduite du Québec, il ne s'agit pas d'un hasard. Il soutient que l'examen est plus facile qu'avant.

Le circuit est plus fluide et le freinage d'urgence dans une courbe n'est pas évalué, met en garde l'expert, qui note que plusieurs accidents surviennent justement dans les courbes.

« Je crois que les examens sont un peu trop faciles cette année, dénonce Danny Marois. Peut-être pas tout à fait réalistes. Il manquerait certains morceaux. Jusqu'à l'an dernier, les examens évaluaient le freinage d'urgence dans une courbe, l'un des deux fléaux à moto. »

Pourtant, la maîtrise du circuit fermé est essentielle, rappelle-t-il, puisque c'est le moment où les motocyclistes acquièrent les notions de base pour contrôler la motocyclette. La posture sur la moto, l'équilibre, les arrêts en équilibre, les freinages plus poussés avec les changements de rapport en montant et en rétrogradant ainsi que la prise de courbes doivent être enseignés avant de partager la route avec les autres usagers, martèle-t-il.

Pas assez de théorie

Yves Marcouiller est propriétaire d'une école de conduite et patrouilleur à moto retraité de la Sûreté du Québec. De son côté, c'est le nouveau programme de formation qui le fait sourciller. Le nombre d'heures de théorie a été réduit en 2015, passant de neuf à six heures.

L'ancien policier n'est pas surpris que, contrairement à l'examen pratique, le taux de réussite de l'examen théorique soit le pire des 10 dernières années. « Ils [les apprentis motocyclistes] sont perdus, ils sont vraiment perdus, dit Yves Marcouiller. Tu les assois sur la moto et ce n'est pas le livre. On recommence, on recommence, on explique, on explique... »

L'Association des écoles de conduite du Québec abonde dans le même sens, en ajoutant que les clients ne sont pas enclins à suivre des cours théoriques.

Relation de cause à effet?

Même si les chiffres semblent parler d'eux-mêmes, il pourrait être hasardeux d'établir un lien de cause à effet entre le niveau de formation des motocyclistes ayant reçu leur permis en 2015 et le nombre de morts survenues durant la saison en cours. Les statistiques de la SQ ne disent pas depuis quand les victimes avaient leur permis, ni quel résultat elles avaient obtenu lors de leur examen.

Selon la SAAQ, il est d'ailleurs trop tôt pour voir les effets du nouveau programme, l'évaluer et en tirer des conclusions.

La société rappelle que le programme a été revu dans le but d'améliorer le bilan routier, à la demande des organisations qui représentent les motocyclistes.

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