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Le temps presse pour sauver des poissons coincés dans les champs

Alors que le niveau du lac Saint-Pierre continue de baisser, le travail commence pour des biologistes du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs qui s'affairent, ces jours-ci, à pêcher dans certains champs qui ont été inondés en Mauricie et au Centre-du-Québec. Cette opération est nécessaire afin de limiter les mortalités. En une seule journée, dans un champ de Baie-du-Febvre, plusieurs milliers de poissons ont été sauvés.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

La construction de digues et l’installation de pompes dans certains champs de la Mauricie et du Centre-du-Québec, il y a près de 40 ans, n’ont pas empêché le lac Saint-Pierre de déborder et d’emmener avec lui différentes espèces de poissons ce printemps.

Avec le retrait des eaux, des poissons sont pris au piège et le temps presse pour les libérer et les remettre dans leur habitat naturel afin de limiter les mortalités. Les biologistes veulent aussi éviter les problèmes sanitaires et ne pas nuire davantage à la biodiversité fragile du lac Saint-Pierre.

La crue printanière particulièrement longue cette année nécessite le déploiement d'une opération exceptionnelle, celle de pêcher dans les champs où l'on retrouve des poissons.

L’équipe de cette opération de pêche est composée d’un biologiste du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, de bénévoles de la communauté des Abénakis et d’un technicien en biologie de Canards Illimités.

Des milliers de poissons

En une journée, plusieurs milliers de poissons ont été sauvés et certains ne mesuraient que quelques centimètres.

Carpe commune, crapet-soleil, brochet et perchaude font partie des espèces retrouvées.

Quelque 150 carpes communes ont été pêchées, puis libérées. Les plus grosses mesuraient environ 80 centimètres.

Une réflexion s'impose

À l’époque, l’aménagement de digues et l’installation de pompes devaient empêcher les poissons de se retrouver dans les champs, un compromis afin de permettre des activités agricoles dans les zones inondables.

La crue printanière exceptionnelle qui nécessite ces opérations de pêche est un exemple concret, selon les experts, de l’empiétement des activités humaines sur l’habitat des poissons.

Cela devrait alimenter les discussions sur le réaménagement agricole autour du lac Saint-Pierre qui doit se faire à court terme, dit Patrick Harbour.

D’ailleurs, les 14 millions de dollars annoncés dans le dernier budget du gouvernement du Québec serviront notamment à réfléchir à certaines solutions et à la réalisation de travaux pour éviter que ce genre de situation ne se reproduise.

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