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Légalisation du cannabis : des psychiatres sentent l'urgence d'agir

Des psychiatres se sentent impuissants face à la légalisation prochaine de la marijuana et ils sont très préoccupés, au point où ils ont décidé d'aller à la rencontre des jeunes dans les écoles secondaires de Shawinigan. L'objectif : les sensibiliser aux impacts de la consommation sur la santé mentale.

Selon la psychiatre Marie-Frédérique Allard, 70 à 75 % de sa clientèle en psychiatrie a déjà consommé de la drogue. Elle raconte que pour plusieurs patients, c'est la consommation de cannabis qui a réveillé une maladie mentale qui sommeillait en eux.

Dre Allard, qui pratique depuis 18 ans, constate que les cas de psychoses sont de plus en plus nombreux dans les urgences et sont également plus difficiles à traiter. Parmi les symptômes d’une psychose, qui est une perte de contact avec la réalité, la spécialiste mentionne des hallucinations, de la paranoïa et de la désorganisation.

Le message des psychiatres : on ne peut pas vous empêcher de consommer du cannabis, mais voici les conséquences que cela entraîne et si vous faites le choix d'en consommer quand même, voici les ressources à qui vous adresser en cas de besoin.

En tout, 10 présentations sont prévues dans les différentes écoles secondaires de Shawinigan.

25 psychoses en 11 ans

Pierre-Louis Lemieux, 34 ans, raconte avoir été hospitalisé en psychiatrie à 25 reprise au cours des 11 dernières années. Chaque fois, il était en état psychotique après avoir consommé de la marijuana.

Si aujourd’hui il est sur le chemin de la réhabilitation, il se souvient encore de l’effet dévastateur qu’avait la marijuana sur son cerveau.

« J’étais paranoïaque complètement. Je pensais que tout le monde voulait me tuer », raconte-t-il.

Le diagnostic est tombé : trouble schizo-affectif et bipolaire. Pour les médecins, il n'y a aucun doute, ses problèmes de santé mentale sont directement liés à sa consommation de cannabis.

Pierre-Louis Lemieux a commencé à consommer de la marijuana à l'âge 13 ans avec des amis. Si au départ c'était pour le plaisir, sa consommation est rapidement devenue régulière.

Lui aussi se dit préoccupé par la légalisation du cannabis.

Pierre-Louis Lemieux travaille fort pour s’en sortir. Il n'en consomme pas depuis quelques mois et il espère que cette fois-ci sera la bonne. Il s'accroche au rêve de revoir son fils et de recommencer à travailler. Il espère aussi reprendre contact avec certains proches.

Avec les informations de Marie-Pier Bouchard

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