Les jeunes votent en faible proportion aux élections municipales. Trois-Rivières ne fait pas exception, alors que plus de la moitié des jeunes rencontrés par Radio-Canada se disaient peu intéressés par la politique municipale.

Un texte de Catherine Bouchard

Les pancartes électorales sont apparues depuis quelques semaines déjà à Trois-Rivières. Pourtant, plusieurs jeunes rencontrés ignoraient que des élections générales avaient lieu partout au Québec.

« En dehors des pancartes que je vois dans la rue, je n’étais pas au courant qu’il y avait des élections », indique un étudiant de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Il est d’ailleurs loin d’être le seul à ignorer que des élections générales municipales ont actuellement lieu.

« Je ne me suis pas informé. En fait je n'ai pas eu d'information qui est venue à moi, je vais devoir m'informer par moi-même », affirme Étienne Benoît-Labelle, âgé de 20 ans.

Conscient de la problématique, le directeur général des élections, Pierre Reid, a lancé lundi une campagne pour rejoindre les jeunes, mais celle-ci ne semble pour l'instant pas porter ses fruits.

« D’entendre que des jeunes ne soient pas informés de la tenue d’élections générales, alors qu’on en parle déjà depuis quelques semaines, c’est très préoccupant », estime M. Reid.

D’autres se montraient toutefois plus conscientisés aux enjeux municipaux. C’est le cas de Jolène Bédard, une étudiante en travail social au Cégep de Trois-Rivières.

« C'est pour la municipalité, c'est le milieu dans lequel on vit. Si on ne s'y intéresse pas et qu'on ne s'implique pas et tout, ce ne sera nécessairement pas à notre image », souligne Mme Bédard.

Gagner le vote des jeunes

Jean-François Aubin, le candidat à la mairie de Trois-Rivières, fait le pari de convaincre les jeunes d'aller voter. Pour y arriver, il promet une ville de Trois-Rivières plus verte et plus durable .

« Dans le quartier de la petite Pologne, on est dans des ruelles [...] Le déneigement, c'est beaucoup quelque chose qui nous touche, parce qu'on n’est pas propriétaire, on n’est pas maître des décisions du déneigement », affirme Katie Simon, une des bénévoles du candidat, âgée de 27 ans.

Certains des jeunes interrogés estiment que ce n'est pas tant qu'ils ne s'intéressent pas à la politique municipale, que la politique municipale ne s'intéresse pas à eux.

« Il y a beaucoup plus de personnes qui ont plus de 40 ans à Trois-Rivières, ce qui n'est pas notre réalité. Ils [les politiciens] parlent plus de contexte de 40 ans et plus, ce qui n’est pas notre réalité », élabore Émilia Frost, étudiante au Cégep de Trois-Rivières.

Un débat des candidats à la mairie se tenait mercredi à l'UQTR, avec comme grand absent le maire sortant, Yves Lévesque, qui avait décliné l’invitation. Seule une poignée d’étudiants étaient venus entendre les candidats, alors que le Café-Bistro la Chasse-Galerie, à quelques pas de là, était plein à craquer.

Que faut-il faire pour réussir à intéresser les jeunes à la politique municipale? Il n’y a pas de réponse claire, mais certains d’entre eux croient qu'il faudrait parler d’enjeux qui les interpellent, tels l'environnement, le stationnement et le transport en commun.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un homme sauve un faucon d'une attaque de serpent





Rabais de la semaine