Depuis des décennies, les constructeurs tentent de redéfinir les habitations et promettent les maisons du futur. Alors que ces technologies sont plus abordables que jamais, leur durabilité, elle, reste à voir.

Un texte de Catherine Bouchard

Dans le cadre de la Grande tournée des maisons neuves de l'Association des professionnels de la construction section Mauricie-Lanaudière, une entreprise de la Mauricie, RLR Turcotte, présentait une maison dite intelligente à Trois-Rivières.

Le chauffage, les portes, les stores, les appareils électroniques et l'éclairage peuvent tous être contrôlés à l'aide d'une seule télécommande ou d'un téléphone intelligent. Des options peuvent même être ajoutées pour avoir des réglages automatiques pour le bain ou le four. Il est aussi possible de recevoir des notifications sur son téléphone si, par exemple, la porte d'entrée ou de garage est demeurée ouverte plus de 15 minutes.

Ces éléments peuvent coûter environ 10 000 $ pour une petite maison. Le coût grimpe rapidement lorsque l'habitation contient plus de pièces, de fenêtres ou d'options.

L'entreprise programme sur un petit ordinateur central les préférences d'un point de vue de confort ou d'économie d'énergie du propriétaire de la maison.

« On peut même contrôler une semaine complète, donc quand on va en voyage dans le sud, on peut dire, une journée la chambre, la lumière va être allumée. L'autre journée, la toile du salon monte à moitié. L'autre journée, les lumières extérieures restent allumées toute la nuit », élabore le copropriétaire de RLR Turcotte, Roxan Turcotte.

Durable?

La question de la durabilité de ces technologies demeure toutefois entière. À la Maison du développement durable de Montréal, les stores étaient contrôlés par un tel système. Depuis plusieurs mois, le système est brisé et l'entreprise qui l'a vendu, il y a six ans, ne semble pas être en mesure de le réparer.

« Un autre exemple, dans mon système de chauffage à la maison, qui n'est pas ultra sophistiqué, mais qui a quand même des éléments informatiques intégrés, ça a brisé après trois ans seulement. Et le coût de la réparation? 800 $ pour dans le fond une petite carte informatique que j'avais acheté trois ans plus tôt », relate Normand Roy, chargé de projets chez Équiterre et expert en bâtiment durable.

Selon lui, pour l'instant, tout ce qui sert à contrôler des portes ou rideaux est voué à briser en seulement quelques années. M. Roy estime que pour économiser de l'énergie, mieux vaut optimiser l'isolation des bâtiments et l'orientation de ceux-ci en fonction du soleil.

« Ce qu'il va falloir espérer, c'est que les avantages des quelques technologies qui vont fonctionner vont faire en sorte que l'attrait de tout cela demeure. Mais je suis convaincu qu'on est en train de remplir les sites d'enfouissement du futur avec la plupart de ces gadgets-là », conclut M.Roy.

Plus d'articles