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Les motocyclistes apprentis de plus en plus nombreux à enfreindre la loi

Le nombre de constats d'infraction délivrés à des motocyclistes titulaires d'un permis d'apprenti conducteur qui roulent sans accompagnateur a bondi de près de 19 % en 5 ans.

Un texte d'Amélie Desmarais

Cette obligation du code de la sécurité routière d'être accompagné d'un autre motocycliste pendant une période minimum de 11 mois avant de pouvoir décrocher un permis valide est pourtant reconnue comme étant inefficace tant par les motocyclistes que par la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ).

Selon les données obtenues de la SAAQ à la suite d'une demande d'accès à l'information, le nombre de motocyclistes qui ont enfreint l'article 100 du code de la sécurité routière a augmenté de près de 19 % en 5 ans. Ils étaient 310 à avoir contrevenu à la loi en 2011.

Ce nombre a grimpé à 368 en 2015 et, selon les données les plus récentes disponibles, au 28 mai 2016, 71 infractions avaient été rapportées pour l'année en cours.

Une loi contestée de toutes parts

Nathan Lagotte qui vient d'obtenir son permis valide se dit vraiment soulagé d'avoir terminé cette période de 11 mois. « Je me sens très libre, dit-il. Je vais rouler quand je veux rouler et je n'ai plus besoin de faire tout plein de démarches pour trouver quelqu'un ».

Il n'est pas étonné par ces chiffres puisqu'il est souvent difficile de trouver un accompagnateur. Comme personne de son entourage n'a de permis de moto, il a dû se rabattre sur Internet pour trouver des accompagnateurs, mais il admet que la tentation de conduire seul était forte au cours des derniers mois. 

« Je ne veux pas dire publiquement que je n'ai pas respecté les règlements », répond Nathan Lagotte lorsqu'on lui demande s'il a succombé à la tentation.

Danny Marois, expert en moto à l'Association des écoles de conduite du Québec, constate cette tendance sur le web. « Il y a une espèce de culture qui voyage, dit-il, les gens qui ont un peu d'expérience vont conseiller aux gens qui n'ont pas d'expérience, les apprentis conducteurs, de conduire sans accompagnateur. »

M. Marois, même s'il croit que l'accompagnement peut être utile, estime que l'article 100 passe complètement à côté de l'objectif qui est de permettre aux nouveaux conducteurs d'acquérir de l'expérience. Il constate aussi que la difficulté à trouver un accompagnateur pousse d'autres motocyclistes à éviter tout simplement de rouler.

« Plusieurs d'entre eux vont avoir tendance à ne pas rouler pendant les 11 premiers mois du permis d'apprenti conducteur et ensuite faire l'examen routier sans avoir touché de moto entre l'examen de circuit fermé et l'examen routier. »

Vers une révision de la loi

C'est aussi la conclusion à laquelle est arrivé, en 2012, un comité d'expert mandaté par la SAAQ. Ce comité avait d'ailleurs recommandé, comme c'est le cas dans cinq autres provinces canadiennes, de retirer l'accompagnement obligatoire. 

Le porte-parole de la SAAQ, Mario Vaillancourt, confirme qu'une révision du code de la sécurité routière, notamment concernant cet article de la loi, est annoncée pour l'automne. « Ce sera au législateur de l'annoncer à ce moment-là, dit-il, mais ce qu'on peut vous dire c'est que le ministre est en accord avec le retrait de l'accompagnateur. » 

D'ici là, ceux qui se font prendre en flagrant délit s'exposent toujours à une amende de 200 $ à 300 $ et accumuleront 4 points d'inaptitude à leur dossier de conduite.



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