Démarrer sa propre entreprise agricole ou reprendre en main la ferme familiale n'est pas chose facile et les méthodes de financement pourraient être améliorées. C'est l'une des conclusions qu'on trouve dans le rapport sur les obstacles de la relève agricole dévoilé mardi par le gouvernement du Québec.

Jean Pronovost avait comme mandat de recueillir les témoignages de jeunes agriculteurs. Il a visité 47 entreprises agricoles de partout au Québec.

L'ancien président de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois a constaté qu'il y a parfois une méconnaissance des modes de financement, mais aussi un manque de souplesse. Des agriculteurs de la relève souhaiteraient d'ailleurs que le processus soit simplifié.

Florence Lefebvre-St-Arnaud, actionnaire de Jardins Bio Campanipol à Sainte-Geneviève-de-Bastican, va reprendre l'entreprise de légumes et fruits biologiques de ses parents, avec ses frères et soeurs.

Elle indique qu'il y a beaucoup de personnes différentes à rencontrer, que le processus est fastidieux et qu'il faudrait instaurer « un guichet unique ».

« Ce serait une façon très facilitante pour la relève et les cédants d'aller parler à tous les intervenants impliqués dans un processus de transfert », constate-t-elle.

Le vice-président de la Fédération de la relève agricole du Québec Martin Lamy, croit qu'il faut absolument rendre les formules de financement plus souples. Il a pu reprendre la ferme laitière familiale, à Yamachiche, grâce à la flexibilité de ses parents.

« J'ai pu acquérir des parts de l'entreprise sans avoir à emprunter des montants à la valeur marchande de l'entreprise, mais si ça n'avait pas été un transfert à parenté, probablement que le cédant aurait pu demander la pleine valeur marchande dès le départ ce qui aurait pu être contraignant lors de l'acquisition de l'entreprise », raconte-t-il.

Le rapport souligne par ailleurs que les « dons ou conditions de cession avantageuses deviennent de plus en plus essentielles ».

Prix des terres à la hausse : un problème « urgent »

Plusieurs des membres de la relève soulignent qu'avec l'augmentation du prix des terres, le coût du quota et la hauteur des investissements que commandent les nouvelles normes de production, les fermes valent de plus en plus cher. Il est de plus en plus difficile de transférer la ferme aux enfants.

Le phénomène de l'accaparement des terres par des sociétés financières « qui misent, à plus long terme, sur l'accroissement de la valeur des terres agricoles, est qualifié de « marginal » dans le rapport Pronovost.

Noëlla Beauchemin, de la Ferme Beauchemin à Grand-Saint-Esprit, trouve « déplorable » que ce phénomène ne soit pas identifié comme un obstacle de taille dans ce rapport. Cela freine l'agrandissement des fermes ou endette les propriétaires.

« C'est une enflure de prix incroyable qui fait que quand on veut acheter, on n'achète pas juste pour nous, c'est nos générations futures qui vont devoir rembourser », raconte l'agricultrice de 22 ans.

Les acteurs de l'industrie agricole se sont dits peu surpris des conclusions du rapport de Jean Pronovost et auraient aimé qu'il propose davantage de pistes de solution.

Ils souhaitent maintenant que le ministre québécois de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Paradis, passe à l'action et aide la relève agricole.

Avec les informations de Maude Montembeault

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine