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Les troubles du spectre de l'autisme sont-ils bien détectés?

Il y a en Mauricie et au Centre-du-Québec une plus faible proportion d'enfants identifiés avec un trouble du spectre de l'autisme (TSA) qu'en Montérégie. Pourquoi? L'Institut national de santé publique du Québec ( INSPQ) pose la question dans un rapport.

Un texte de Claudie Simard

Y a-t-il moins d’enfants autistes en Mauricie et au Centre-du-Québec qu’ailleurs dans la province?

« On ne pense pas que le nombre d’enfants autistes soit différent d’une région à l’autre », affirme le porte-parole de l'Institut national de santé publique du Québec, Alain Lesage. Il poursuit : « ce qui est différent, c’est comment on peut plus les identifier dans certaines régions ».

Il s’interroge sur les écarts importants entre le nombre de diagnostics d’enfants autistes selon les différentes régions du Québec.

Un portrait désuet?

Le rapport de l’INSPQ n’est « plus à jour » selon Nathalie Magnan, directrice adjointe au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

Elle explique qu’en 2014-2015, au moment de l’étude, les enfants devaient d’abord avoir un diagnostic d’autisme pour bénéficier d'un premier service, donc être identifiés.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui. « C’est vrai que les gens attendaient beaucoup pour avoir un diagnostic et un service, maintenant ils ont un service tout de suite, et on travaille de façon plus étroite avec les pédiatres pour pouvoir travailler au niveau du diagnostic ».

Il y a présentement 522 enfants de moins de 21 ans desservis en trouble du spectre de l'autisme en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Le délai moyen d’accès est de 39 jours pour les moins de 6 ans.

Autisme en croissance

Au cours des dernières années, le diagnostic « s’est multiplié par trois », tout comme l’offre de service en milieu scolaire, selon le porte-parole de l'Institut national de santé publique du Québec, Alain Lesage.

À l’organisme Autisme Mauricie, on compte désormais 250 membres. La directrice générale, Martine Quessy, travaille avec les parents, pour qui le processus est souvent douloureux.

Elle estime qu’il y a encore beaucoup de sensibilisation à faire pour permettre aux parents non seulement de détecter les signaux, mais surtout de les convaincre d’aller consulter sans hésiter s’ils ont un doute.

« C’est notre enfant, c’est notre vie notre enfant. On a de la difficulté. On voit bien qu’il est différent. Qu’il n’évolue probablement pas comme l’autre. Mais on continue à lui donner de l’amour et on ne veut tellement pas lui mettre une étiquette parce qu’on le sait que c’est une étiquette avec laquelle il va probablement vivre jusqu’à la fin de ses jours ».

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