Lise Lebel vit avec le deuil de sa fille, Katherine Beaulieu, depuis cinq ans. Malgré la perte de son enfant, une certitude continue de l'habiter : Lise Lebel sera toujours la mère de Katherine. « Moi, je savais que je serais une mère, quoiqu'il arrive », dit-elle.

Son premier contact avec le deuil, Lise Lebel l'a vécu le jour de la première Fête des mères après le décès de Katherine, qui est morte le 3 mai 2010. Les funérailles avaient eu lieu quelques jours plus tard, le 8 mai.

« Le lendemain, le dimanche, c'était la Fête des mères. C'est la première journée ou j'ai été laissée à moi-même parce que souvent, dans la première semaine [suivant le décès], on est beaucoup encadré, la famille est là, il y a beaucoup de choses à faire », raconte-t-elle.

« Le dimanche au matin, Fête des mères, je réalise que personne ne va venir me porter un bouquet de fleurs. Ça a été la première journée où j'ai vraiment senti que l'histoire était vraiment vraie, que c'était jusqu'à mon dernier souffle, que plus jamais je n'allais recevoir quelque chose de Katherine », illustre-t-elle.

Même si sa fille n'est plus là pour souligner la Fête des mères, Lise Lebel se définit toujours comme une maman. « Les gens sont toujours conscients que même si Katherine n'est plus là, je suis encore la mère de Katherine Beaulieu. J'ai reçu ce certificat-là une journée, Lise Lebel, mère de Katherine Beaulieu. Qu'elle soit décédée ou pas, ça ne change rien, je suis encore la mère de cette enfant-là ».

Les nombreux dessins de Katherine, qui ont toujours leur place dans la maison de Lise Beaulieu, témoignent de cet éternel amour maternel. « Dans la réalité, je ne suis pas une ramasseuse, mais peut-être que la vie me préparait à ça, peut-être que la vie me préparait à ce que Katherine me quitte à un moment donné et qu'elle me laisserait quelque chose pour me souvenir d'elle », confie Lise Lebel.

Une histoire tragique

Le 3 mai 2010, sa fille circulait sur l'autoroute 55. Une femme en état d'ébriété, qui circulait à sens contraire, est venue happer de plein fouet la voiture de Katherine Beaulieu. Le monde venait de s'écrouler autour de Lise Lebel.

« Ma job, dans la vraie vie, c'était d'être une mère bien avant d'avoir un emploi. C'est ça qui me manque », dit-elle, ajoutant qu'elle s'est intensément questionnée à savoir si elle devait adopter un nouvel enfant ou devenir une famille d'accueil, elle qui avait 48 ans au moment du drame.

Aujourd'hui, c'est à travers la Fondation Katherine Beaulieu que Lise Lebel perpétue la mémoire de sa fille et continue de jouer son rôle de mère, à sa façon. D'école secondaire en école secondaire, elle raconte l'histoire de Katherine aux jeunes afin qu'ils prennent conscience du mal que l'alcool au volant peut causer.

« Moi, ce que je veux que les gens retiennent de ça, c'est l'histoire de Katherine, dans quelles circonstances Katherine est décédée, mais surtout que les gens qui entendent le nom de Katherine Beaulieu, ils en fassent une association directe avec la problématique de l'alcool au volant », dit-elle.

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