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Lock-out à l'ABI : le syndicat accuse la direction de mauvaise foi

Le syndicat qui représente les 1030 travailleurs de l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) estime que l'employeur est de mauvaise foi dans les négociations pour mettre fin au conflit de travail, qui perdure depuis bientôt six mois.

Les représentants syndicaux ont rencontré les médias au lendemain d’une assemblée générale des travailleurs de l’ABI, qui ont réitéré leur appui à leur comité de négociation à 90,14 %.

Selon le syndicat des Métallos (FTQ) l’employeur reviendrait à la charge, dans le cadre de la médiation, sur des points déjà réglés au préalable. Ces nouvelles demandes de la partie patronale empêchent la conclusion d’une entente, soutient le syndicat.

Le régime de retraite et la main d'oeuvre, points litigieux

Les deux principaux points en litige sont le régime de retraite et le mouvement de la main d’œuvre.

L’employeur proposerait notamment des réductions de personnel de l’ordre de 20 %, une perte d'environ 200 emplois, ce que déplore le syndicat.

L’adjoint au directeur québécois du syndicat des Métallos, Dominic Lemieux, a déclaré que l’employeur espère « casser » les syndiqués en cause.

Le syndicat encore optimiste

Le président de la section locale 9700, Clément Masse, se dit toutefois encore optimiste quant à l’obtention d’un règlement dans le dossier.Je ne sais pas si ça va arriver rapidement, a-t-il cependant concédé. On espère que l’employeur va saisir le message : les travailleurs espèrent toujours obtenir une entente signée.

La partie syndicale a dit qu’elle allait maintenant entrer en contact avec le médiateur au dossier, Lucien Bouchard, pour lui faire part des résultats de l’assemblée.

L'ABI « prête à négocier »

Dans un communiqué publié mercredi dans les heures qui ont suivi le point de presse de la partie syndicale, la direction de l'Aluminerie de Bécancour s'est dite prête à négocier.

L'employeur a précisé qu'elle veut négocier « en vue de conclure une nouvelle convention collective sur des bases qui permettront d'améliorer l'usine, la positionnant ainsi sur la voie du succès à long terme, toue en offrant aux employés une rémunération concurrentielle ».

L'ABI a fait valoir qu'elle a, selon elle, « l'occasion d'ajuster sa structure sans mise à pied en raison d'une vague de départs à la retraite. »

Depuis le début du conflit, l'usine de Bécancour qui produit de l'aluminium est opérée en partie par un groupe de cadres.

Bientôt six mois de conflit

L'assemblée générale de mardi soir était la première à avoir lieu depuis le 11 janvier dernier, date à laquelle ils avaient rejeté l’offre patronale pour renouveler leur convention collective.

La direction de l’usine avait décrété le lock-out dans les heures qui ont suivi.

Les trois conventions collectives sont échues depuis le 22 novembre 2017.

L'Aluminerie de Bécancour est l'employeur privé le plus important de la région du Centre-du-Québec. Elle est détenue à 75 % par Alcoa Canada et à 25 % par Rio Tinto.

Le maire de Bécancour a encore confiance

Malgré les impacts économiques sur la région, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, se dit optimiste.

J'étais plus inquiet dans les semaines qui ont suivi le lock-out que je ne le suis aujourd'hui, a-t-il confié à l'émission Facteur matinal mercredi. Six mois après, l'aluminerie est encore ouverte. Si elle avait eu à fermer, la compagnie l'aurait fait déjà. Rien en nous laisse croire que la production va arrêter.

Le maire Jean-Guy Dubois indique toutefois ne pas avoir de nouvelles de l'état des discussions de part ni d'autre.

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