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Maison Carignan : les recommandations de la commissaire jugées insuffisantes par le plaignant

La commissaire aux plaintes du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS-MCQ) donne en partie raison au plaignant ayant déposé une plainte contre la Maison Carignan. Dans son rapport, dont Radio-Canada a obtenu copie, Doris Johnston fait six recommandations pour améliorer la situation. Le plaignant estime toutefois que la commissaire ne va pas assez loin, et veut porter sa cause à un niveau supérieur.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

Deux des six recommandations concernent la tâche d’accompagnateur, ou « shotgun » dans le jargon du centre de thérapie en dépendance. D'ex-résidents avaient raconté à Radio-Canada, en mai dernier, qu'ils avaient manqué de nombreux ateliers de leur thérapie pour accompagner des confrères à un rendez-vous médical ou au palais de justice. Certains estimaient même avoir manqué les trois quarts de leur thérapie en raison de ces accompagnements.

La commissaire mentionne dans son rapport avoir constaté que ces tâches pouvaient parfois empiéter sur les activités thérapeutiques du résident. Selon elle, même si la direction de la Maison Carignan affirme que cette pratique fait partie des objectifs du programme, il est difficile d’en mesurer l’efficacité réelle puisqu'« il est impossible d'encadrer les bénéficiaires dans un tel contexte, comme une salle d'urgence. »

Elle recommande ainsi, dans un premier temps, de se pencher sur la validité de cette tâche en tant qu’activité thérapeutique.

Au terme de cette réflexion, si ces activités sont maintenues, Doris Johnston suggère qu'elles soient mieux encadrées, et ce, dès l’admission de l’usager, afin que la tâche d’accompagnateur ne nuise pas au processus de thérapie.

Conflit d’intérêts et antécédents judiciaires

Le plaignant alléguait également, dans le document présenté à la commissaire aux plaintes, qu'il y avait possibilité de conflit d’intérêts pour un membre du conseil d’administration, et qu'un doute pouvait être soulevé concernant la véracité de la déclaration des antécédents judiciaires de certains gens de la Maison Carignan.

Depuis le 4 août 2016, les dirigeants, les administrateurs et les intervenants des ressources offrant de l’hébergement en dépendance doivent montrer patte blanche et faire l'objet de vérifications d'antécédents judiciaires. Les centres concernés avaient un an pour se conformer aux nouvelles conditions du Règlement sur la certification des ressources communautaires ou privées offrant de l’hébergement, sans quoi le CIUSSS-MCQ pourrait retirer le certificat de conformité.

Le directeur général de la Maison Carignan, Alain Poitras, a assuré que son personnel était sans tache et que tout avait été fait dans les règles de l’art.

La commissaire n'a d'ailleurs pas détecté de fausse déclaration, mais elle rappelle dans son rapport que si le CIUSSS-MCQ est responsable de la vérification des antécédents judiciaires des dirigeants et des administrateurs. Quant au centre de thérapie, il doit vérifier ceux de ses intervenants.

Pas suffisant

En réponse au rapport de la commissaire, le plaignant a mentionné qu'il n'approuve pas l'ensemble des recommandations, estimant que la commissaire n'a pas touché suffisamment au problème de gestion. Il demeure convaincu que celle-ci n’est pas adéquate et il a bien l’intention de porter son dossier devant le Protecteur du citoyen.

Le directeur de la Maison Carignan n’a pas voulu accorder d’entrevue, mais le directeur général a confié être désolé de constater que des gens « continuent d’essayer de ternir l’image du centre de thérapie ».

Depuis son entrée en fonctions en 2014, après le congédiement du fondateur, Yvon Carignan, Alain Poitras assure tout faire pour assurer une gestion saine du centre de thérapie.

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