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Mérule pleureuse : un couple de Maskinongé aurait aussi aimé être écouté

Il y a six ans, on entendait parler de l'histoire de ce couple de Maskinongé dont la maison était contaminée par la mérule pleureuse, un champignon très toxique. C'est le premier cas du genre fortement médiatisé au Québec. À l'époque, Jessy Paillé et Claude Vadeboncoeur ont crié à l'aide, mais sans succès. Quand ils constatent que le gouvernement tend l'oreille à d'autres victimes, ils sont habités par des sentiments partagés.

Elles sont rares les fois où Jessy Paillé retourne à Maskinongé, mais il a accepté de le faire l’instant d’une entrevue.

« On pense que c’est important de continuer d’en parler », nous a-t-il dit.

Sa conjointe, Claude Vadeboncoeur, est tout simplement incapable d’y revenir. C’est un lieu qui lui rappelle trop de mauvais souvenirs.

Après avoir construit une nouvelle maison sur le terrain de celle qui était contaminée, ils ont décidé de quitter la municipalité de Maskinongé, amers de ne pas avoir été appuyés comme ils l'auraient souhaité.

Quand ils ont appris que d'autres victimes de la mérule pleureuse, qui porte aussi le nom de cancer du bâtiment, avaient reçu de l'aide du gouvernement grâce à un projet pilote, ils étaient bien contents pour eux, mais ils sont aussi habités par la colère.

On était contents pour eux, mais en même temps fâchés que là, tout à coup, ils se réveillent.

Jessy Paillé

Ils ont l’impression d’avoir tout défriché pour les autres.

« Quand notre cas est arrivé il n'y avait aucune étude, rien de fait. J'ai dit au gouvernement : "si vous voulez faire des tests c'est le temps". Ils ont dit : "non, non, on n'a pas besoin" », se souvient M. Paillé.

Alors que l'on assiste à une mobilisation de victimes de la mérule pleureuse, Jessy Paillé et Claude Vadeboncoeur préfèrent rester spectateurs.

Ils en ont gros sur le cœur de ne pas avoir été déclaré sinistrés alors qu’au moment où ils ont découvert que leur maison était contaminée, Québec aidait les victimes d’inondations en Montérégie.

« C'est un mur qui est moisi. Je ne dis pas que ce n’est pas aussi grave, mais ce n’est pas dans la même proportion. Eux autres ont gardé leur maison, puis c'est donc grave la pyrrhotite, mais on s'entend que c'est un solage. La maison en haut est correcte », lance Jessy Paillé.

S'ils ne sentent pas la force de continuer le combat, Jessy Paillé et Claude Vadeboncoeur encouragent les victimes à le poursuivre.

Ils admettent que même s'ils tentent de tourner la page pour de bon, tout leur rappelle ce rêve de retraite qui s'est transformé en cauchemar, laissant derrière lui de graves problèmes de santé physiques et psychologiques.

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