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MISE À JOUR - Bornes de recharge électriques financées par les villes: Trois-Rivières loin derrière

La Ville de Trois-Rivières est la seule ville de plus de 100 000 habitants au Québec qui n'a pas l'intention d'investir en 2016 dans l'achat et l'installation de nouvelles bornes de recharge à l'usage des propriétaires de véhicules électriques. C'est aussi l'endroit au Québec où recharger sa voiture électrique coûte le plus cher.

Un texte de Maude Montembeault

Radio-Canada a compilé les données des 10 municipalités québécoises de 100 000 habitants et plus. Les données recensées comprennent le nombre de bornes financées par les villes, le nombre de bornes financées par les villes prévues d'ici 2016 (puisque plusieurs villes ont des projets en cours), les investissements faits par les municipalités à ce jour ainsi que les investissements des municipalités prévus d'ici la fin de l'année.

La Ville de Trois-Rivières, souvent qualifiée de halte naturelle entre Montréal et Québec, ne compte qu'une seule borne financée par la municipalité pouvant être utilisée par tous les propriétaires de véhicules électriques. Celle-ci se trouve sur une rue bloquée pendant les nombreux festivals. L'accès à la borne est donc impossible à ces moments-là.

« Ça dépasse l'entendement, croit le chroniqueur automobile Philippe Laguë. Dans un village, à la rigueur, je pourrais comprendre, mais une ville de la grosseur de Trois-Rivières, c'est incompréhensible. »

3 fois plus cher pour recharger

Dans la plupart des villes sondées, à l'exception de l'arrondissement Ville-Marie à Montréal, il en coûte en moyenne 1 $ l'heure ou 2,50 $ la recharge pour une borne de 240 V. À Trois-Rivières, c'est trois fois plus cher ; 3 $ l'heure, jusqu'à un maximum de 15 $.

« Ce n'est pas un dossier qui nous préoccupe », dit la Ville

Trois-Rivières est catégorique ; il n'y aura pas un sous investi en 2016 pour l'achat de bornes de recharge.

Le porte-parole de la Ville Yvan Toutant soutient que le conseil municipal n'est pas préoccupé par ce dossier, ni agacé par son retard par rapport aux autres villes. Selon lui, la seule borne payée par la ville n'est pas surutilisée.

« Le nombre d'utilisateur de véhicules électriques n'impose pas de dépenses supplémentaires à la Ville, selon le maire et le conseil de ville, explique Yvan Toutant. C'est pour cette raison que pour l'instant, on ne fait pas d'investissements majeurs. »

Pourtant, plusieurs incitatifs sont offerts aux villes par le ministère de l'Énergie et des Ressources Naturelles ainsi que par Hydro-Québec.

« Les municipalités sont présentes partout, donc c'est vraiment la base de la géographie. Quand les municipalités se joignent au circuit électrique, ça fait une offre plus homogène » indique France Lampron, directrice de l'électrification des transports chez Hydro-Québec.

Hydro-Québec défraie la moitié du coût pour l'achat d'une borne de recharge rapide (400 V). La société d'État organise régulièrement des sessions d'informations pour expliquer le circuit électrique et ses bénéfices à l'ensemble des régions du Québec.

Les villes, une des clés pour l'électrification des transports

En octobre dernier, Québec a lancé son plan pour l'électrification des transports qui vise à augmenter le nombre de voitures électriques sur le réseau routier.

« Il faut que les villes s'impliquent dans l'électrification des transports, croit Philippe Lagüe, parce qu'il faut qu'il y ait des infrastructures pour amener les gens à se convertir à la voiture verte. Tant qu'il n'y aura pas ça, ça restera un frein pour l'achat d'un véhicule électrique », conclut-il.

Le gouvernement québécois soutient un programme de 500 000 $ pour l'implantation de bornes de recharge, à Montréal et Québec, principalement. Au cabinet du ministre Pierre Arcand, on assure que des sommes sont aussi réservées aux régions, sans toutefois fournir de montant précis.

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