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Nombre de faillites d'entreprises : deux rives, deux réalités

Alors que la situation est demeurée stable au Québec en 2015, les entrepreneurs acculés à la faillite ont été plus nombreux que l'année précédente en Mauricie avec un bond du nombre de faillites de 39 %. De l'autre côté du fleuve, le Centre-du-Québec enregistre la plus forte baisse de la province au cours de la même période soit une diminution de 26 %.

Un texte d'Amélie Desmarais

Si la Mauricie enregistre la deuxième plus importante hausse après le Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'est parce les deux régions présentent des similitudes selon Pierre Fortin du syndic de faillite Jean Fortin et associés.

« C'est que les deux [régions] sont très très très dépendantes des ressources naturelles et deuxièmement c'est qu'il y a un exode des jeunes, que la population est plus vieillissante », précise-t-il.

Parmi les entreprises touchées au Québec, une sur cinq oeuvre dans le domaine de la construction. Ce secteur qui compte le plus de faillites est suivi de près par le milieu de la restauration et le commerce de détail.

Une réalité avec laquelle le syndic de faillite Jean Fortin et associés est très familier.

« Qui dit moins de jeunes dit moins d'achats d'une maison neuve, moins d'achats de voitures, de vêtements, aller au restaurant, des choses comme ça », précise M Fortin.

 Le professeur en économie à l'Université du Québec à Trois-Rivières, Frédéric Laurin, croit que la meilleure performance du Centre-du-Québec est le résultat de plusieurs décennies de travail pour développer la fibre entrepreneuriale chez ses citoyens.

« Les entreprises s'entraident énormément entre elles, explique M. Laurin. Il y a vraiment un réseau qui est très fort au Centre-du-Québec qui fait en sorte que quand on est entrepreneurs, il y a beaucoup de risques et d'incertitudes et pour s'en sortir dans des moments plus difficiles, on a le soutien des autres entreprises. »

Le professeur en économie cite l'exemple de Drummondville, l'une des municipalités les plus dynamiques au Québec grâce à cet élan entrepreneurial. Selon lui cette culture est moins présente en Mauricie qui a tardé à prendre le virage.

« Il y a une transformation qui est en train de se faire, lance-t-il. La Maurice était beaucoup basée sur des grandes entreprises, des grandes multinationales qui utilisaient des petites PME en sous-traitant donc les petites PME n'avaient pas à se poser des questions et il y avait très très très peu de risque. »

Maintenant que la grande entreprise appartient de plus en plus au passé, la région travaille à changer ses façons de faire selon lui, mais il faudra du temps avant d'en voir les résultats.

« Il faut que les PME deviennent de plus en plus originales et prennent des risques à développer des nouveaux marchés et des nouveaux produits, ce qui fait qu'il peut y avoir plus de faillites parce qu'il y a plus de risque. »

Avec la collaboration de Marilyn Marceau

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