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Où en est le processus de déclassement de Gentilly-2?

Le 28 décembre 2012, la centrale nucléaire Gentilly-2 cessait ses activités de production d'électricité. Pourtant, tout n'est pas au point mort sur le site, où 70 travailleurs participent chaque jour aux travaux de déclassement des installations qui doivent mener au démantèlement complet du site en 2066.

Jusqu'à l'automne 2020, des travailleurs d’Hydro-Québec préparent le site à entrer dans une phase complète de dormance qui doit durer jusqu'en 2059.

Tout se déroule selon l'échéancier prévu, assure le directeur des installations de la centrale nucléaire, Donald Olivier.

« Présentement, on en est à la phase de préparation à la dormance, précise-t-il. Ce que ça implique, c’est de transférer 6000 grappes de combustibles par année de la piscine aux modules Canstor. Ça implique de travailler sur des mises en retrait de systèmes. »

Après avoir été stocké dans une piscine, le combustible irradié est ainsi entreposé dans un des modules construits en 2016 à l’extérieur de l’usine. Durant la phase de dormance, le combustible sera ainsi entreposé à sec pendant une quarantaine d’années.

Une question demeure : où seront entreposés à terme les déchets radioactifs? Jusqu’à présent, cinq villes de l'Ontario ont manifesté leur intérêt. Un choix sera fait d'ici 2021, indique Hydro-Québec.

Processus précurseur

Gentilly-2 est la première centrale nucléaire canadienne et la première équipée d’un réacteur CANDU à être complètement démantelée d’ici 2062.

Il s’agit d’un processus précurseur qui intéresse non seulement d’autres provinces canadiennes, mais aussi plusieurs pays qui possèdent eux aussi des centrales nucléaires. Ainsi, des représentants de l’Ontario et de la Corée du Sud ont effectué une visite à la centrale récemment.

« On a des gens qui viennent pour avoir des rencontres de travail, pour voir comment ça s’est passé d’un point de vue technique, mais aussi des ressources humaines, des relations de travail », indique Donald Olivier.

Pour les générations futures

L’ambiance de travail n’est plus la même pour les 70 employés qui travaillent toujours sur le site de Gentilly-2. Avant la fermeture en 2012, ils étaient plutôt 736 à y gagner leur vie. À partir de 2020, seulement une quinzaine resteront en poste pour assurer la surveillance et l'entretien des installations.

Même si prendre part au processus de déclassement de la centrale peut être émotif pour certains travailleurs, Donald Olivier assure que ceux-ci demeurent dévoués à la tâche.

Par ailleurs, Donald Olivier souligne que les employés qui travaillent sur le site aujourd’hui ont une responsabilité envers ceux du futur.

« Ce qu’on va faire d’ici la fin 2020, le démantèlement va se passer une trentaine d’années plus tard. Il y aura deux générations de travailleurs qui auront passé, donc si on ne fait pas bien notre travail, ça veut dire que des gens plus tard auront plus de difficulté ou s’exposeront à des risques inutiles. »

Avec les informations de Sarah Désilets-Rousseau

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