Retour

Où va réellement le contenu de votre bac de récupération ?

Ce qu'on envoie au centre de tri est-il réellement recyclé ou enfoui? ? La crise vécue dans les centres de tri dont on parle depuis l'automne dernier dans les médias provoque des réflexions au sujet du fonctionnement de la récupération au Québec. Portrait en 5 questions.

Un texte de Claudie Simard

1. Enfoui, récupéré ou recyclé ?

Il est impossible de le confirmer. Le contenu de votre bac de récupération est acheminé dans un centre de tri. Ensuite, les gestionnaires trouvent un acheteur à qui envoyer la matière récupérée, cependant, il n’y a pas de traçabilité.

Difficile dans ces conditions de savoir si la matière a été récupérée au centre de tri ou enfouie, ou si une fois récupérée, elle a réellement été recyclée.

De manière générale, Recyc-Québec estime que 63,6 % de ce qui se trouve dans les bacs de récupération des citoyens est récupéré dans les centres de tri.

En Mauricie, le directeur du centre de tri estime récupérer 87 % de la matière qui provient des bacs de récupération des citoyens.

Daniel Cassivi évalue que le centre peut recevoir 200 tonnes de matière dans une journée, soit l’équivalent d’environ 25 camions de collecte sélective.

Cet article a été produit dans le cadre d’une série intitulée Perspectives, proposée par Radio-Canada Mauricie-Centre-du-Québec.

2. Public ou privé ?

Les deux, puisque les modèles sont multiples. Les municipalités du Québec peuvent confier le contrat de collecte et de tri à une entreprise privée, ou assumer une partie de la collecte des bacs de récupération, ou encore créer un partenariat avec une entreprise privée.

Par exemple, la Régie de Gestion des matières résiduelles de la Mauricie ( RGMRM ) dessert 37 municipalités sur son territoire, qui paient chacune un montant en échange des services.

La Régie, un organisme public, fait la collecte des matières, cependant, elle confie ensuite le triage à une entreprise appelée Récupération Mauricie, dont elle est propriétaire à 49 %.

La majorité des parts de Récupération Mauricie, soit 51 %, appartient à une autre entreprise privée, le Groupe RCM.

On a cherché à savoir quel était le budget annuel et les profits réalisés par Récupération Mauricie, mais sous prétexte que c’était en partie privé, on nous a refusé l’accès à ces informations.

Ce modèle d'affaire fait en sorte qu'il y a un manque de transparence selon Karel Ménard, du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets.

L’organisation estime qu’il est difficile d’avoir l’heure juste puisque les déclarations des entreprises privées au sujet de leurs opérations se font sur une base volontaire, à l’aide d’un portail en ligne sur le site de Recyc-Québec.

La récupération aussi se fait sur une base volontaire : les citoyens n’ont pas l’obligation de récupérer.

3. Combien vous coûte la récupération ?

Le citoyen paie la récupération de plusieurs façons, notamment avec ses achats.

Il y a un écofrais lorsqu’il achète un produit électronique neuf. Ce montant sert à réduire ou amortir l’impact environnemental du produit.

Mais il paie aussi la récupération d’une certaine façon lorsqu’il achète un produit emballé. Prenons l’exemple d’une boîte de biscuit ; le montant n’est pas visible sur sa facture, cependant, l’entreprise qui a fabriqué la boîte utilise l’argent de la vente pour payer sa contribution au financement de la récupération.

Cette contribution va dans un fond appelé le Régime de compensation, qui est géré par Recyc-Québec. On estime qu’il y a présentement 3400 entreprises ayant le devoir de contribuer au Régime de compensation en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement.

Elles paient une contribution en fonction du type et de la quantité de matières qu’elles génèrent.

L’argent des entreprises est donc mis en commun dans un fond, géré par Recyc-Québec, qui sert à rembourser les municipalités pour les dépenses liées à la récupération.

En 2017, Recyc-Québec estime avoir remboursé en moyenne 92 % des coûts nets déclarés par les municipalités, pour un total de 151,5 M $.

Les municipalités peuvent aussi inclure un montant dans l'impôt foncier des citoyens pour payer les services de récupération.

Par exemple, la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM) a calculé une quote-part de 27,90 $ par habitant pour l’année en cours.

4. Votre récupération va-t-elle encore en Chine ?

Les centres de tri exportaient environ 60 % de leur matière récupérée en Asie et en Chine, pour qu'elle y soit transformée, avant que les règles ne soient resserrées.

En Mauricie, le directeur de la RGMRM Daniel Cassivi estime avoir diminué de moitié la quantité de ses exportations vers la Chine depuis ce changement.

Une situation vécue dans plusieurs centres de tri à travers la province qui influence les budgets, puisque la Chine offre de meilleurs prix selon ce que rapporte m. Cassivi.

Il estime que l'enjeu est de trouver des partenaires locaux durables, mais aussi que les emballages soient conçus de façon à être plus faciles à récupérer, pour diminuer les coûts.

5. Les animaux morts ne se recyclent pas

Vous vous en doutiez. Mais saviez-vous que parmi les tonnes de papier, de carton et de plastique qui sont envoyés dans les centres de tri, il arrive que l’on trouve des carcasses d’animaux, des morceaux de bois, des parties de moteur automobile ou encore des seringues ? « C’est déjà arrivé une tête d’orignal » a confié un employé.

Tout ce qui n’est pas récupérable est appelé de la « matière orpheline ». On estime qu’elle représente 9,1 % des bacs de récupération.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Trop mignons ces animaux qui font dodo





Rabais de la semaine