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Pacte fiscal : l'UMQ dit oui, le maire de Shawinigan déçu

Le pacte fiscal proposé par le gouvernement du Québec a été accepté par les membres de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) dans une proportion de 80 % mercredi. Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a dit qu'il se ralliait à la majorité, sans toutefois cacher sa déception. 

Un texte de Marie-Ève Trudel

« Moi j'aurais refusé, certainement », a dit sans détour le maire Michel Angers.

Le pacte fiscal prévoit des compressions récurrentes de 300 millions de dollars et une révision des modalités de négociations avec les syndicats, notamment. 

« Pour les deux prochaines années, il n'y a à peu près pas d'argent au rendez-vous », déplore le maire, ajoutant qu'il a déjà eu à faire des compressions importantes à Shawinigan. « J'ai l'impression qu'on me décharge sur le dos des responsabilités qui appartiennent au gouvernement », dit-il. 

À Shawinigan, le pacte fiscal imposé par Québec représente un manque à gagner de 1,2 million de dollars dans les coffres de la Ville.

La péréquation dont bénéficie Shawinigan au même titre que les villes dont la richesse foncière est faible pourrait également être touchée. « Il reste encore beaucoup de ficelles à attacher et c'est surtout ça qui m'inquiète », dit Michel Angers. « La péréquation fait partie de l'équation », dit le maire qui a insisté auprès de la direction de l'UMQ : « Québec ne doit absolument pas toucher à ces éléments-là », croit-il.

Le maire de Shawinigan dit toutefois accepter la décision des membres de l'UMQ. 

Le pouvoir de décréter les conditions de travail

Le pacte fiscal prévoit que les municipalités pourront, dès le printemps 2016, décréter les conditions de travail de leurs employés lorsque les négociations achoppent. « Moi j'ai mis les gens en garde contre les conditions de travail décrétées », a dit Michel Angers. « Ça fait des relations extrêmement difficiles », ajoute-t-il. 

« J'ai toujours cru [qu'il] vaut mieux avoir une moins bonne convention collective, mais des bonnes relations de travail », a souligné le maire de Shawinigan, en référence à son passé de représentant syndical.

À savoir si Shawinigan pourrait utiliser la mesure prévue dans le pacte fiscal à l'égard des employés municipaux, Michel Angers y est allé de prudence. « Tant et aussi longtemps que je serai maire, je vais tout faire pour éviter », a-t-il dit.

Pour écouter l'entrevue de Michel Angers à l'émission Chez nous le matin, cliquez ici

Avec la collaboration de Frédéric Laflamme. 

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