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Pas d’accusation pour les policiers à Val d’Or : le grand chef atikamekw « pas surpris »

« Je m’y attendais presque. [...] À chaque fois qu’un corps policier enquête sur un autre corps policier, c’est toujours le même dénouement », affirme M. Awashish, découragé.

Un an après la diffusion d'un reportage de l'émission Enquête où des femmes autochtones dénonçaient de présumées violences et agressions sexuelles commises contre elles par des policiers, Radio-Canada a appris que le DPCP annoncera vendredi qu'il ne portera finalement aucune accusation dans cette affaire.

Des sources ont confirmé des informations parues dans certains médias selon lesquelles le DPCP estime qu’il n’y a pas de preuves suffisantes pour porter des accusations de sévices sexuels, d'intimidation et d'abus de pouvoir contre les six patrouilleurs de la Sûreté du Québec suspendus dans la foulée du reportage.

« C’est dommage pour les victimes qui ont pris leur courage à deux mains pour parler de leur expérience par rapport à cela », affirme le grand chef.

Mauvais exemple pour les victimes

Constant Awashish craint que l’absence d’accusation dans ce dossier ne décourage d’autres victimes, pas seulement les Autochtones.

« Est-ce que c’est le message qu’on veut lancer à toutes les femmes : s’’il y a des histoires qui impliquent des corps policiers ou des forces de l’ordre ou des gens en position d’autorité que les femmes n’ont pas une grande chance de gagner leur cause ? », se questionne-t-il.

Enquête indépendante demandée

Le Parti québécois ainsi que l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) réclament une enquête indépendante sur le sort réservé aux femmes autochtones. L'APNQL souhaite cependant que le mandat de cette enquête soit élargi à « tous les aspects des relations entre les services policiers et les Premières Nations ».

« Il y a des gens qui surveillent la population pour que tout le monde suive les règles, mais ceux qui sont en position de pouvoir, ceux qui sont en position d’appliquer des mesures correctives, il faudrait quelqu’un aussi qui puissent surveiller ces gens-là », affirme Constant Awashish.

C’est le SPVM qui avait été mandaté par le gouvernement du Québec pour enquêter sur les allégations d'abus révélées dans un documentaire de l'émission Enquête en octobre 2015 et sur toute plainte similaire visant des policiers de la Sûreté du Québec.

Le DPCP a analysé 37 dossiers qui lui avaient été remis par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

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