Il arrive sur la scène des Voix multiples sur les premières notes de J'appelle au loin en effectuant quelques pas de danse et arborant un large sourire. Paul Piché est accueilli chaleureusement par une foule impressionnante.

Un texte de Josée Bourassa

Rapidement, il dissipe les inquiétudes concernant son état de santé.

« J’ai eu des petits problèmes, des vertiges. J’en ai encore, ça peut arriver, mais j’ai un band qui peut jouer, vous pouvez chanter et s’il y a un médecin, qu’il vienne me voir! », a lancé celui qui avait été pris de vertige lors d’un spectacle de la Fête nationale.

Comme pour défier le sort, il lance l'endiablée Y’a pas grand chose dans le ciel à soir. Puis, il fait chanter le public sur Un château de sable.

Le public est si nombreux que les gens ne savent plus où se placer. Il y a du monde partout : sur les chaises, par terre, le long des clôtures, derrière celles des techniciens, debout dans l’entrée, dans les estrades, à côté des estrades, je n’aurais même pas été surprise d’en voir même sous les estrades.

Malgré tout, on aurait pu entendre une mouche voler lorsque Paul Piché prend la parole : « Il y a plein de choses qu’on voudrait changer : la pollution, la guerre, le mensonge ». Il parle de la connaissance précise de la nature qu'ont les autochtones qui « ont payé cher en perte de territoire pour l’électricité ».

Paul Piché reconnaît à regret, mais aussi avec la sérénité d’un grand sage, que ses chansons sont encore actuelles aujourd’hui : Chu pas mal, mal parti, L’escalier.

Il nous révèle qu’il a composé Hereux d’un printemps en pensant à sa mère. L'émotion collective est à fleur de peau. Je sens l'amour et le grand respect du public pour celui qui lui a offert de si grandes chansons.

Curieuse, je décide de me rendre à la scène d’à côté, celle des Voix Jazz où on retransmet le spectacle sur écran géant. Encore là, je constate avec incrédulité que le parterre est plein. Paul Piché nous offre en rappel : C't'aujourd'hui, le jour de l’an. La chanson de ce grand auteur-compositeur-interprète transcende le grand écran.

Encore ici, à 500 mètres de la scène réelle, les gens chantent, les gens dansent. Je suis émue aux larmes. Je sais que je vis un grand moment du Festivoix, comme tous ceux présents l’ont aussi compris.

Non, Paul Piché n'a pas eu de vertige, c'est lui qui nous l'a donné.

Three Days Grace et Galaxie, des dragons électriques

Encore sous le choc du spectacle de Piché, je me dirige vers la scène des Voix populaires, croyant naïvement que plus rien ne pouvait me secouer.

Ça, c'était avant de voir Olivier Langevin et Galaxie s'emparer de la scène. Le groupe est solide et il se déchaîne pour ouvrir le bal d'une parfaite soirée rock.

Galaxie a le rôle difficile d'assurer la première partie d'un groupe internationalement reconnu : Three Days Grace. Mais la bande à Langevin sait y faire et on ne peut que souhaiter une scène à elle seule pour une prochaine édition.

« Three Days Grace ! Three Days Grace ! Three Days Grace ! », la foule, peut-être plus impressionnante qu'au spectacle d'Éric Lapointe la veille, appelle le groupe ontarien d'une seule voix.

Three Days Grace commence en force avec Mountain de son nouvel album Outsider et met le public dans sa petite poche en moins de temps qu'il n'en faut pour se rendre au refrain.

La venue de Three Days Grace est un élément fort de la programmasion du Festivoix. La provenance des festivaliers dépasse les frontières du Québec.

L'énergie est à son maximum, les gens chantent d'une seule voix, scandent, lèvent les bras au rythme de la mesure. Le bonheur atteint son paroxysme avec Never too late suivie de I hate everything about you, le premier succès du groupe.

On a eu droit à une vraie bonne soirée rock. Une de celles où on se défoule en se fichant du lendemain.

Mais demain... c'est Bad Religion qui risque de nous achever.

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