Au fil des ans. de nombreuses femmes ont été victimes de discrimination de la part de leur employeur lorsqu'elles étaient enceintes ou en congé de maternité. Mais le phénomène ne touche plus seulement les femmes. De plus en plus d'hommes portent plainte pour des congédiements ou des changements d'affectation à la suite d'un congé parental.

Depuis quelques mois, Nicolas Hétu est père de jumeaux. Il termine son congé parental de 5 mois. Il a pris une pause de son travail d'électricien pour aider sa conjointe. Mais alors qu'il devait reprendre son poste, lundi, il a eu une mauvaise surprise. « Je viens d'apprendre officiellement avant hier que j'avais perdu mon poste. Personne ne me l'a dit. C'est moi qui l'a découvert. Pourtant je rentrais la semaine prochaine. »

Nicolas Hétu travaille comme pigiste pour le Groupe Cossette, à Shawinigan, depuis 8 ans et il a consacré les 4 dernières années à travailler à plein temps aux installations de l'entreprise Somavrac au port de Trois-Rivières, un client du Groupe Cossette. Il croyait pouvoir retrouver sa place à la fin de son congé parental, mais son employeur en a décidé autrement.

« C'est un bon électricien aussi. Et il est disponible parce qu'il n'a pas d'enfant et qu'il n'a pas de famille. Aussi, son salaire est plus bas. Le patron m'a dit qu'il avait trouvé un nouveau contrat pour moi, mais il n'est pas capable de me donner le nombre d'heures par semaine ou la durée du contrat. Même le salaire n'est pas déterminé », affirme Nicolas Hétu.

La réponse de l'employeur

Joint au téléphone, son patron, Pierre Thibaudeau, affirme être sensible à la situation de Nicolas Hétu, mais il soutient que les termes du contrat avec Somavrac ont changé durant son absence. « Il y a eu des modifications au niveau du contrat de travail qui faisaient que je ne pouvais plus reprendre Nicolas dans le même poste, mais je peux le prendre comme électricien sur d'autres contrats. Il y a des spécificités et je ne veux pas rentrer dans des questions de confidentialité entre moi et mon client », dit Pierre Thibaudeau. Il affirme qu'avant de prendre sa décision, il s'est informé auprès de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail.

Des situations comme celle de Nicolas Hétu sont relativement récentes au Québec. Les premières plaintes de salariés au retour d'un congé de paternité ont été déposées en 2008. Depuis, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail a traité les plaintes de 122 papas québécois. Nicolas Hétu entend lui aussi porter plainte.

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