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Pénurie de main-d'oeuvre en restauration à Trois-Rivières

Une grande pénurie de personnel se fait ressentir dans le domaine de la restauration à Trois-Rivières. Le problème est particulièrement criant en cuisine et la situation ne serait pas sur le point de se résorber.

Un texte de Catherine Bouchard

Malgré un été achalandé du côté de la clientèle, c'est le personnel qui manque dans les restaurants de la ville reine de la Mauricie.

« On a recruté tout l'été et on n’a pas trouvé; pas de serveuses, pas d'aide-cuisinier, pas de cuisinier et des chefs, on n’en parle même pas. On ne sait pas comment on va s'en sortir », élabore la propriétaire du restaurant les Ailes piquantes, Suzie Giroux.

La situation est telle que, parfois, les restaurateurs se voient obligés de refuser des clients.

« Il y a des soirs, cet été, qu’on avait beaucoup de touristes, mais j'ai été obligé de refuser des gens, parce que je n'avais pas assez de mains pour les servir », continue la propriétaire des Ailes piquantes.

La commerçante est loin d’être la seule dans cette situation. Le restaurant Vincenzo du centre-ville a dû fermer ses portes fin septembre, faute de personnel en cuisine. Cette réalité pourrait être de plus en plus courante.

« Ils sont toujours un peu en déséquilibre, donc c'est très difficile pour eux d'assurer une rentabilité de leur commerce, lorsqu’on est toujours en train de se demander si on va avoir du personnel pour ouvrir et offrir le service aux gens », avance le directeur général de la société de développement commerciale du centre-ville de Trois-Rivières, Mathieu Lahaie.

Selon lui, le problème de recrutement est généralisé dans la restauration à Trois-Rivières.

Peu d'attractivité

Les écoles professionnelles, elles, peinent à répondre à la demande.

« On a de la place pour prendre des étudiants en masse. On est loin d'être à pleine capacité, mais, vous savez, on a subi aussi les contrecoups de la baisse démographique en région. Donc, on a moins d'élèves qui viennent pour débuter la formation. On en a quelques-uns qui abandonnent en cours de route », indique le directeur du Centre de formation professionnelle Bel Avenir, Pierre Laliberté.

Du côté de l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ), certaines pistes de solutions ont été élaborées. Elle voudrait notamment que le calendrier scolaire des étudiants soit adapté aux besoins de l'industrie.

L'Association estime aussi que les cuisiniers devraient recevoir une partie du pourboire.

« Il faut dire aussi que le problème de la main-d'oeuvre pourrait s'améliorer beaucoup avec les immigrants, avec les demandeurs d'asile. On leur donne des chèques, mais ils n’ont pas le droit de travailler. Eux pourraient nous rendre de bons services », avance le président de l’ARQ, Claude Gauthier.

Les intervenants du milieu s'entendent toutefois pour dire que la pénurie sera de plus en plus importante dans les prochaines années.

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