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Perdre ses trois enfants dans un incendie : 13 ans plus tard, Annie Dauphinais se confie

Le 14 mars 2002, Annie Dauphinais perdait ses trois fils dans un violent incendie sur la rue Sainte-Angèle à Trois-Rivières. Plus de 13 ans après les événements, la mère endeuillée a accepté de se confier à l'animateur Frédéric Laflamme de l'émission Chez nous le matin, dans une entrevue chargée d'émotions, d'une franchise déconcertante.

Pour écouter l'entrevue intégrale, cliquez ici.

Il n'y avait pas de détecteur de fumée dans le logis que les Dauphinais habitaient depuis à peine un mois. « Je me suis réveillée à 6h40 le matin et le feu était déjà pris, se rappelle Annie Dauphinais. » C'est son plus jeune fils qui l'a alerté. Il n'a toutefois pas réussi à sortir de la demeure en flammes. « Il a lâché ma main parce qu'il y avait tellement de fumée que je marchais à quatre pattes par terre. Je ne voyais même pas le visage de mon fils. » 

Annie Dauphinais a appris la mort de ses enfants alors qu'elle émergeait d'un coma et que 72 % de son corps était recouvert de brûlures. « On me l'a dit assez brutalement. C'est un aumônier qui me l'a dit. Il m'a dit : madame, vos trois enfants sont décédés. Je n'y croyais pas. »

L'histoire officielle soutient que le brasier aurait été allumé par un article de fumeur, probablement par le plus vieux des frères. Une version qu'Annie Dauphinais refuse toujours de croire. « Moi je pense que c'est un problème électrique. C'était un vieux bâtiment. J'ai su par la suite qu'il était déjà passé au feu deux fois à cause de problème électrique. »

« Je vais bien »

Même si les émotions sont palpables durant l'entrevue, Annie Dauphinais dit qu'elle a aujourd'hui la tête hors de l'eau. « Je dirais que depuis trois ans j'ai repris du mieux. J'ai arrêté de faire des dépressions, je suis retournée à l'école, j'ai été me chercher un peu d'estime de moi-même finalement, parce que je n'en avais plus du tout. »

Le nouvel enfant qu'elle a eu après le drame fait sa fierté, même si elle admet qu'il est arrivé un peu trop tôt dans son processus de deuil. « Il n'est pas une erreur parce qu'il est la plus belle chose qui me soit arrivée. L'erreur c'est que je n'étais pas prête à en avoir un autre. Je n'étais pas prête à avoir un bébé. »

Annie Dauphinais admet être très, voire trop, protectrice envers son fils. Ce dernier peine à fonctionner sans elle. Il a dû être suivi par des spécialistes pour divers troubles liés aux terribles événements qu'a dû traverser sa mère et qui ont eu des répercussions sur sa propre enfance.

Lorsque questionnée à savoir si le bonheur peut refaire surface après tant de noirceur, Annie Dauphinais répond : « Il y a des moments de bonheur. Je prends les journées une à la fois. »

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