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Plainte en éthique et déontologie : le maire de La Tuque se défend

Au lendemain de l'annonce de son retrait de la vie politique, le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, a dû défendre son intégrité devant la Commission municipale du Québec (CMQ) à la suite de la plainte déposée contre lui en mars dernier. Une facture de 89 $ pour un souper pour deux personnes est à l'origine de tout ce processus.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

Normand Beaudoin a-t-il contrevenu au code d'éthique et de déontologie des élus? C’est la juge de la CMQ, Me Martine Savard, qui devra trancher après avoir présidé l'audience qui a eu lieu mercredi au palais de justice de Shawinigan.

Des 601,33 $ réclamés en frais de déplacement et d’hébergement à la suite de sa participation à une réunion du comité des forêts à l'occasion d'un colloque de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) en novembre 2016 dans la région de Montréal, c’est une facture de restaurant de 103,13 $ (89 $ plus taxes) soumise par M. Beaudoin qui est sous la loupe de la CMQ.

Dans le rapport de dépenses, ce remboursement de frais de représentation est justifié par un souper avec le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin. Or, ce dernier a mentionné devant la Commission qu’il n’a jamais partagé de repas avec Normand Beaudoin.

Pourtant, derrière le reçu de carte de crédit, il y avait bel et bien le nom de Gilles Potvin.

L’adjointe du maire, responsable de préparer les formulaires des comptes de dépenses, a expliqué à la juge du tribunal administratif qu’elle a interprété cette note comme une indication.

Pour sa défense, le maire de La Tuque a expliqué qu’il avait utilisé le papier comme aide mémoire. Il a admis, lors de l’audience de la CMQ, qu’il avait bel et bien soupé avec quelqu’un, mais refuse de dévoiler l’identité de cette personne. « C’est personnel », martèle-t-il.

Per diem ou frais de représentation?

L’avocat de la défense, Me François Daigle, dénonce les frais associés à la procédure entourant cette plainte pour une facture de 89 $. Il a parlé d'une motivation politique de la part du conseiller municipal qui a formulé la plainte, Luc Martel.

Il mentionne que son client est victime de son honnêteté et qu’il n’a bénéficié d’aucun avantage financier, bien au contraire.

« La seule erreur de mon client, c’est de ne pas avoir pris le chemin du per diem qui ne nécessite pas de pièce justificative », ajoute Me Daigle.

Pour sa part, l’avocat de la Commission, Me Nicolas Dallaire, explique que le montant n’est pas le coeur de cette affaire.

Après avoir noté des explications contradictoires chez Normand Beaudoin et après avoir présenté la jurisprudence à la juge Savard, Me Dallaire a mentionné que trois éléments constituent l’enjeu principal :

La juge a 60 jours pour rendre une décision et si elle note un manquement dans le dossier, une audience sur sanction aura lieu en décembre.

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