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Pollution à Trois-Rivières : le maire doit agir, selon un cardiologue

La Ville de Trois-Rivières doit faire plus en matière de lutte contre la pollution, selon un cardiologue expert en la matière. Citant des études américaines, le docteur François Reeves est convaincu que la mauvaise qualité de l'air peut d'ailleurs avoir un impact sur les maladies cardiovasculaires. 

Un texte de Marie-Pier Bouchard

Le docteur François Reeves réagit ainsi à la suite de la publication de l'étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publiée il y a quelques semaines.

« C'est simple : chaque fois qu'il y a un épisode de smog ou de pollution, tu sais que les deux semaines qui vont suivre tu vas avoir plus de patients à l'hôpital », constate-t-il dans sa pratique à la Cité-de-la-Santé à Laval et au CHUM à Montréal. 

Si cette observation n'a rien de scientifique, il rapporte que selon une étude réalisée à Boston, il y a 60 % plus d'infarctus dans l'heure suivant un épisode de forte pollution dans la ville et 70 % plus d'infarctus aigus dans les 24 heures.

Toujours selon cette étude, il y a 95 % plus de mortalités cardiovasculaires chez les gens qui vivent à moins de 50 mètres d'une voie routière polluée que ceux qui vivent à plus de 200 mètres.

« Si j'étais le maire de Trois-Rivières personnellement je ferais en sorte [...] de faire des changements par exemple l'électrification de tous les véhicules de la ville », propose Dr Reeves.

Selon lui, cette position au palmarès devrait être un bon prétexte pour la Ville de Trois-Rivières d'apporter des changements majeurs en matière d'environnement.

Cette proposition fait sursauter le maire, Yves Lévesque, qui avance que « Trois-Rivières n'est pas parfaite, mais elle est citée en exemple au niveau environnemental ».

Selon M. Lévesque, « l'environnement c'est au provincial et au fédéral à s'en occuper ».

« On en a acheté, mais c'e n'est pas vrai qu'on va dépenser des millions pour des véhicules électriques quand ça nous coûte beaucoup trop cher. Pourquoi? Parce que les citoyens ne le font pas. Pourquoi? Parce que ça coûte trop cher », lance le maire.

D'ailleurs, après avoir discuté avec des gens du ministère de l'Environnement, il remet en question l'étude de l'OMS.

Une chercheuse invitée à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et professeure à l'École de santé publique de l'Université de Montréal, Audrey Smargiassi, abonde dans le même sens.

« Il y a des équipements qui sont hyper performants dans certaines villes et à d'autres endroits il y a des stations d'échantillonnage qui ne représentent pas du tout l'exposition de la population », affirme-t-elle.

Elle ne nie toutefois pas les effets de la pollution sur la santé. Selon ses recherches, deux décès par crise cardiaque sur 10 000 sont attribuables à la pollution.

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