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Près d'une centaine d’Abénaquis de Wôlinak retrouvent leur statut d'Autochtones

Les noms des descendants de Joseph Landry avaient été rayés du Registre des Indiens, en janvier 2011. Mais voilà qu'un jugement rendu par la Cour supérieure renverse cette décision et ordonne de réinscrire leurs noms au Registre, pour qu'ils puissent retrouver tous les droits qui y sont associés.

Un texte de Sarah Désilets-Rousseau

Ces Abénaquis sont des descendants d’un ancêtre commun, Joseph Landry. Le gouvernement leur avait enlevé le statut officiel d’Autochtones après une vingtaine d’années de lutte.

Ces descendants de Joseph Landry avaient par le fait même perdu le droit de transmettre leur statut aux membres de leur famille.

Or, la juge Chantal Masse a tranché : Joseph Landry était un Autochtone et a transmis son statut à ses descendants.

L'ancien chef de la Bande de Wôlinak, Denis Landry, est visé par la décision. Il s’est dit soulagé. « Je pense que c’est une injustice qui durait depuis plus de 24 ans. Ça n’a pas été drôle pour toute la famille Landry. Moi, j’en ai qui m’ont appelé quand ils ont reçu le jugement et ils pleuraient », indique-t-il.

La décision aura certainement des conséquences sur d'autres Autochtones du Canada, croit Denis Landry.

« Ça va sûrement faire jurisprudence dans la façon de procéder du ministère. Ce qu’on voit, c’est que le ministère, dans sa façon de procéder, avait des directives d’assimilation et d’extinction. On veut enlever l’identité abénaquise et autochtone aux Autochtones du Canada », déplore-t-il.

Appel de la décision ?

Le ministère de la Justice du Canada a indiqué être toujours à l’étape de prendre connaissance de la décision. Impossible pour le moment de savoir s’il compte en appeler du jugement.

De son côté, l’actuel chef de bande de Wôlinak, Michel R. Bernard, a indiqué qu’il « refusera de réintégrer les Landry dans la communauté ».

Il a l’intention de soutenir les procureurs du ministère de la Justice s’ils portent la cause en appel. Advenant qu’ils ne le fassent pas, le chef de bande « invoquera l’article 14,2 de la Loi sur les Indiens qui stipule que d’autres groupes peuvent porter la cause en appel », a-t-il fait savoir.

Michel R. Bernard note que depuis quatre ans, l’ancien conseil de bande a défrayé 500 000 $ en frais juridiques « aux frais d’Indiens statués ».

Michel R. Bernard est le nouveau chef de bande de Wôlinak. Il a défait Denis Landry par cinq voix aux élections du 12 juin dernier.

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