Retour

Près de 60 % d'entre vous ne liront pas ce billet

Une nouvelle étude menée conjointement par l'Université de Colombia et l'Institut national français indique qu'on ne lit pas 59 % des liens que l'on relaie sur Twitter.

C'est un peu la réalité qui rejoint la fiction. Le Washington Post nous rappelle que le site de nouvelles satiriques The Science Post publiait récemment un article constitué de faux texte aléatoire (lorem ipsum) sous le titre : « Étude : 70 % des utilisateurs de Facebook ne lisent que la manchette des articles scientifiques avant de commenter. » Croyez-le ou non, près de 46 000 personnes ont relayé le faux article.

Rassurez-vous, cette étude dont il est question comporte de vrais mots qui expliquent une démarche scientifique visant à mieux comprendre les comportements de partage de nouvelles sur Twitter. Les médias savent que les réseaux sociaux sont devenus des vecteurs essentiels de leurs contenus, mais comme le mentionne l'étude, on en sait assez peu sur l'effet de la conversation en ligne sur le nombre de clics que récolte un article.

Partager plutôt que lire

En analysant 2,8 millions de partages d'articles, l'équipe de chercheurs en vient à la conclusion que l'attention autour d'un sujet peut être soutenue assez longtemps grâce au partage. De plus, bonne nouvelle, la qualité d'un contenu, elle, permet d'en prolonger la popularité en ligne. Bref, s'il n'y a que la manchette qui accroche, le succès sera bref. Mais enfin (et surtout), l'influence ne se résume pas au nombre de partages, parce que ces partages peuvent être « vides » ou « silencieux », comme l'étude les nomme, quand l'utilisateur relaie un article sans l'avoir lu.

En effet, si 59 % des liens relayés ne sont jamais ouverts, c'est qu'on les relaie sans même en avoir lu le contenu. Ce ne serait pas si grave en soi si ce type de partage n'avait pas une si grosse influence sur l'information qui circule. En effet, l'étude indique que ces relais aveugles sont plutôt importants dans la vie publique et contribuent à déterminer les sujets qui resteront dans l'actualité versus ceux qui sombreront dans l'oubli.

Le poids de Facebook et de Twitter dans l'information

Il n'y a pas si longtemps, le Pew Research Center indiquait que plus de 60 % de la génération Y obtenait ses infos politiques sur Facebook. C'est d'autant plus préoccupant quand on sait que l'information qui circule sur le réseau social serait elle-même manipulée par une équipe éditoriale.

Chez les utilisateurs de Twitter, 59 % y vont pour s'informer. En fait, la grande différence entre Facebook et Twitter, du point de vue de l'information, c'est que le plus souvent, sur Facebook, on tombe sur les nouvelles par hasard, alors que la majorité de ceux qui s'informent sur Twitter y cherche des nouvelles. Dans cette optique, les résultats de l'étude sont d'autant plus étonnants. On comprend maintenant que ceux qui s'informent sur Twitter se forment une opinion souvent à partir d'un résumé seulement.

Comment déterminer la valeur d'une nouvelle?

En analysant les tweets contenant un lien court vers cinq sources d'information, les chercheurs ont élaboré un genre de carte pour retracer la trajectoire d'une nouvelle dite virale sur Twitter. Bien sûr, les nouvelles virales sont, par définition, largement relayées. Cela dit, elles ne sont pas nécessairement lues. Alors, quelle valeur pour ces nouvelles? Pourquoi mettre tant l'accent sur le fait de relayer si cela ne se traduit pas en réels lecteurs?

Autre fait à noter, la plupart des nouvelles qui avaient été ouvertes (et donc lues) avaient été relayées par des utilisateurs habituels de Twitter, et non par les médias eux-mêmes. C'est dire toute la force des influenceurs. Et c'est d'ailleurs pour cela aussi que la durée de vie d'une nouvelle est beaucoup plus longue que prévu. Elle dépend, en fait, beaucoup de celui qui la relaie. Une nouvelle peut ainsi très bien être relayée et lue bien des jours après sa publication.

Pas si instantané que ça, le web, finalement?

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine