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Printemps érable : l'agent de la SQ Denis Burelle suspendu 35 jours

Blâmé pour l'utilisation imprudente de son arme et pour avoir blessé gravement des manifestants à Victoriaville en 2012, le policier de la Sûreté du Québec (SQ) Denis Burelle est suspendu 35 jours sans salaire.

Un texte de Gaétan Pouliot

L'agent Burelle « a failli à ses obligations en ne respectant pas les règles d'engagement qu'il devait suivre », rappelle le Comité de déontologie policière dans sa décision rendue mardi.

Le mois dernier, l'avocat du policier et le procureur au dossier avaient recommandé conjointement une suspension de 35 jours sans salaire. Il s'agit d'une suggestion « raisonnable », selon le président du Comité de déontologie policière.

Lors du conseil général du Parti libéral du Québec, le 4 mai 2012, l’agent Burelle faisait partie d’un peloton antiémeute déployé devant le centre des congrès de Victoriaville. Il était l’un des six policiers équipés de balles de plastique. Il a gravement blessé des manifestants qui n'étaient « aucunement menaçants pour les policiers », avait conclu le Comité de déontologie policière.

Alexandre Allard, atteint à la tête par un projectile de l'agent Burelle, a frôlé la mort après avoir subi une fracture du crâne et une double commotion cérébrale. Il a conservé des séquelles permanentes de ses blessures. Dominique Laliberté-Martineau a aussi été atteinte à la tête par une balle de plastique, qui lui a causé une double fracture de la mâchoire.

Avant la publication du rapport du Comité de déontologie, la Sûreté du Québec s'était toujours défendue d'être responsable de leurs blessures.

Exit les balles de plastique

La Sûreté du Québec a récemment renoncé à utiliser les balles de plastique qui ont causé des blessures graves à Victoriaville et lors d'autres manifestations.

Les policiers seront dorénavant équipés d'une nouvelle arme d'impact, qui utilise des projectiles appelés BIP. Ce type de projectile, qui se déforme lors de l’impact, est cependant dangereux, selon un rapport de recherche divulgué au début de l’année par le ministère québécois de la Sécurité publique et réalisé par l’École nationale de police. « Malgré sa réputation sécuritaire, l’atteinte par ce projectile de zones corporelles vulnérables comme la tête, le cou ou le thorax pourrait entraîner des blessures graves ou mortelles », dit le rapport.

À moins qu’un autre événement ne nécessite la présence d’armes d’impact, des policiers de la SQ seront équipés de projectiles BIP pour la première fois lors du sommet du G7 à La Malbaie, dans Charlevoix, en juin.

Écoutez le reportage de l'émission Enquête sur l'usage des balles de plastique.

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