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Problèmes mahématiques trop difficiles : des professionnels demandent au ministre de l'Éducation d'agir

Le niveau de difficulté de la résolution de problèmes mathématiques au primaire est trop élevé croit un groupe de professionnels de la santé et de l'éducation. Selon eux, la tâche est trop complexe et ils craignent une hausse du décrochage scolaire. Dans une lettre adressée au ministre de l'Éducation, ils réclament une révision du programme.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

Comme mère de famille et ergothérapeute pédiatrique, l’instigatrice de la lettre en question, Annie Genois, de Lévis, est très préoccupée par le niveau de difficulté des problèmes mathématiques qui sont présentés aux enfants du primaire.

Ergothérapeutes, orthopédagogues, neuropsychologues, enseignants, professeurs en sciences de l’éducation : en tout, une dizaine de professionnels de la santé et de l’éducation de différentes régions du Québec ont signé le document jusqu'à maintenant.

Selon ces professionnels, les attentes sont trop élevées. Ils avancent que, selon des études, les situations problèmes ne respectent pas le développement neurocognitif des enfants ainsi que le temps d'attention et de concentration.

Le sentiment d'échec peut entraîner de graves conséquences sur le parcours scolaire des enfants, font-ils valoir dans la lettre.

Depuis quelques années, Mme Genois entend parler de cette préoccupation, mais elle admet que c’est au moment où sa propre fille a été confrontée à des difficultés face à la résolution de problèmes, qu’elle a saisi l’ampleur du phénomène.

À 8 ans, Maude est sur le point de terminer sa deuxième année avec de très bonnes notes dans toutes les matières, sauf en résolution de problèmes.

« Dans ma classe, il y a beaucoup de personnes qui trouvent ça difficile. Il y en a qui pleurent, qui disent à ma prof que ça leur tente d'arrêter », nous raconte-t-elle en entrevue.

« Je me suis retrouvée dans la même spirale que mes clients, à chercher des outils, à droite, à gauche, à consulter en orthopédagogie, alors que ma fille n’a aucun problème de développement ni de trouble d’apprentissage », raconte Annie Genois.

Des enfants en détresse

Parmi les signataires de la lettre, une neuropsychologue de Trois-Rivières, Marie-Claude Larivière, va plus loin.

Elle est d’avis qu’on ne doit pas seulement s’attarder aux mathématiques, mais qu’il est temps de revoir l’ensemble du programme éducatif qui ne respecte pas, selon elle, le rythme de développement des fonctions cognitives des enfants.

Mme Larivière observe une hausse des consultations d’enfants qui se développent normalement, mais qui souffrent d’anxiété face à l’école.

Tant au ministère de l'Éducation qu'au cabinet du ministre, on dit attendre de recevoir la lettre en question avant de commenter.

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