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Procès de quatre policiers : Alexis Vadeboncoeur raconte avoir été frappé aux parties génitales

Alexis Vadeboncoeur a témoigné lors du premier jour du procés de quatre policiers, qu'il accuse de l'avoir tabassé lors d'une arrestation. Il raconte avoir reçu une dizaine de coups par les policiers, le 2 février 2013, dans le stationnement du Cégep de Trois-Rivieres.

Un texte de Sarah Desilets-Rousseau

À la barre des témoins, le jeune homme a affirmé qu'il sortait d'une pharmacie où il venait de commettre un vol qualifié quand les policiers l'ont pris en chasse.

« J'ai couru, puis j'ai vu qu'ils étaient à mes trousses. Comme c'était impossible de m'échapper, j'ai décidé de me rendre en jetant mon pistolet jouet au sol. Je me suis ensuite couché à plat ventre, bras en croix, face contre le sol », a-t-il raconté. 

Alexis Vadeboncoeur a indiqué qu'il s'attendait à être menotté rapidement. Il a plutôt reçu un premier coup à la tête, près de l'œil, puis un deuxème coup à l'aide d'un objet métallique, selon son témoignage.

Barbara Provencher lui aurait ensuite « écarté les jambes et déchiré le pantalon, puis saisi les testicules » juste avant qu'un autre policier ne lui assène « deux à trois coups de pied dans les testicules ».

Vadeboncoeur agit comme témoin de la couronne, lui qui est la victime alléguée dans cette affaire. Il est cependant détenu puisqu'il purge une peine de 54 mois pour ce vol qualifié et un autre, commis à la même pharmacie, en mars 2014.

Il témoigne menottes aux pieds, deux agents correctionnels à ses côtés.

Contre-interrogatoire serré

L'avocate de Barbara Provencher a été la première à contre-interroger Alexis Vadeboncoeur. Durant quatre heures, elle a tenté de démontrer au tribunal des contradictions entre ses différentes déclarations aux policiers et à la cour.

Il a été longuement questionné sur sa dépendance aux drogues, ses démêlés avec la justice, ses demandes de soins au centre de détention de Trois-Rivières, notamment. Mais en aucun temps, il n'a été question de l'arrestation pour laquelle les policiers font l'objet d'accusations criminelles.

Tout au long du contre-interrogatoire, Alexis Vadeboncoeur est resté calme. Il n'a pas semblé déstabilisé.

Son contre-interrogatoire se poursuit demain. Trois semaines ont été allouées pour le procès.

Un juge de Québec préside le procès, alors que les avocats des policiers sont de Montréal. Le directeur des poursuites criminelles et pénales a délégué une avocate de Saint-Jérome pour diriger le dossier.

Barbara Provencher, Marc-André St-Amant, Kaven Deslauriers et Dominic Pronovost font face à plusieurs accusations, dont voies de fait armées et fabrication de faux rapports.

 

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