Retour

Procès des policiers accusés à Trois-Rivières : Alexis Vadeboncoeur se contredit

Le contre-interrogatoire de la présumée victime Alexis Vadeboncoeur s'est poursuivi mardi au palais de justice de Trois-Rivières. Quatre policiers sont accusés, entre autres, de voies de fait et d'avoir fabriqué de faux documents en lien avec l'arrestation du jeune homme.

Au deuxième jour du procès, les avocats de la défense ont tenté de miner la crédibilité d'Alexis Vadeboncoeur en mettant en lumière des contradictions dans les différents témoignages qu'il a fournis depuis son arrestation le 2 février 2013.

L'avocate de la défense Roxane Hamelin a demandé à la présumée victime comment elle pouvait savoir que c'est la policière Barbara Provencher qui a déchiré son pantalon et saisi ses testicules.

Alexis Vadeboncoeur a répondu qu'il l'a vu faire et qu'en plus, ses testicules étaient marqués d'ecchymoses créées, selon lui, par « des doigts et ongles de femme ».

L'avocat de Barbara Provencher a rétorqué que sa cliente portait pourtant des gants lors de l'intervention.

Un peu plus tard, un autre avocat de la défense, Normand Bibeau, a demandé à Alexis Vadeboncoeur s'il avait déjà eu des démêlés avec la justice mexicaine, ce à quoi il a répondu un non catégorique.

Maître Bibeau a répliqué en lisant un extrait des transcriptions de son enquête sur remise en liberté. Alexis Vadeboncoeur avait alors déclaré qu'il avait fait « un peu de prison » à la suite d'une bagarre.

Confrontée à cette preuve, la présumée victime a changé sa réponse à la question et admis qu'il a été « un peu en prison » au Mexique.

Présumée crise d'épilepsie

Une nouvelle information pourrait faire avorter le procès. Alexis Vadeboncoeur a soutenu qu'il avait été hospitalisé à la suite de son arrestation pour une crise d'épilepsie.

Aucun des quatre avocats, autant ceux de la défense que de la couronne, n'étaient au courant. Ils ont demandé à voir les documents d'hospitalisation.

Les avocats des deux parties affirment que la divulgation de cette information alors que le procès est déjà en cours pourrait porter atteinte à une défense pleine et entière.

Maître Normand Bibeau, l'avocat d'un des policiers accusés, a même évoqué que ça pourrait faire l'objet d'une demande en arrêt des procédures.

En attendant les rapports médicaux sur l'hospitalisation, le contre-interrogatoire de Vadeboncoeur s'est poursuivi.

« J'ai menti au tribunal »

Pressé par les questions de l'avocate Roxane Hamelin, Alexis Vadeboncoeur a aussi avoué avoir menti au tribunal, en avril 2014.

Alexis Vadeboncoeur avait alors plaidé coupable à une accusation d'entrave au travail des policiers. Mardi, en cour, il a cependant affirmé qu'il n'a jamais tenté de nuire au travail des agents.

Le jeune homme avoue avoir plaidé coupable dans le cadre d'une stratégie visant à régler ses comptes avec la justice.

Historique

Le 2 février 2013, Vadeboncoeur avait été arrêté par ces policiers dans le stationnement du Cégep de Trois-Rivières à la suite d'un vol qualifié dans une pharmacie.

La Ville de Trois-Rivières avait suspendu les quatre policiers sans solde et a finalement congédié deux d'entre eux, Marc-André St-Amant et Kaven Deslauriers. Ils reçoivent tout de même tous une allocation de leur syndicat depuis leurs suspensions.

La présumée victime purge présentement une peine de 54 mois de prison pour ce vol qualifié et un autre commis en mars 2014 à la même pharmacie.

Alexis Vadeboncoeur avait intenté une poursuite civile contre la Ville de Trois-Rivières et a obtenu 25 000 $.

D'après les informations de Maude Montembeault

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Toute la vérité sur la Vierge





Concours!



Rabais de la semaine