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Québec se lance dans le transport médical par hélicoptère

Le ministère de la Santé met en place un projet pilote de transport médical par hélicoptère entre l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal et trois régions du Québec.

Pendant 18 mois, les patients de six établissements de la Mauricie, de Lanaudière et des Laurentides qui nécessitent un transfert dans un hôpital plus spécialisé seront donc conduits à Montréal par un hélicoptère d’Airmédic.

Les hôpitaux de Shawinigan, La Tuque, Joliette, Sainte-Agathe, Mont-Laurier et Rivière-Rouge bénéficieront du service.

Dans le cadre du projet pilote, on estime qu’environ 200 patients devraient être transférés par transport héliporté, ce qui devrait coûter près de 3 millions de dollars pour l’ensemble du projet.

En conférence de presse au Complexe Airmédic à Saint-Hubert, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a indiqué que le transport par hélicoptère allait permettre l’acheminement des patients de façon plus rapide que ce que l’on connaît actuellement avec les avions utilisés pour le transport médical au Québec.

La « distance optimale » que peut parcourir un hélicoptère est cependant plus courte que ce qui est possible avec un aéronef, soit de 275 km.

L’avantage des hélicoptères est notamment qu’ils peuvent se poser n’importe où se trouvent des aménagements aéroportuaires simples, au contraire des avions, qui nécessitent un aéroport.

L’Hôpital du Sacré-Cœur a d’ailleurs été choisi comme hôpital receveur parce qu’il possède déjà un héliport fonctionnel, et parce qu’il possède un centre de traumatologie.

Le ministre Barrette a cependant souligné qu’après avoir été déposés à l’Hôpital du Sacré-Cœur, certains patients devront peut-être ensuite être dirigés par ambulance vers un autre hôpital montréalais, notamment si ce sont des enfants.

Le projet pilote est mis en place pour « voir si on va aller de l’avant pour l’étendre à la grandeur du Québec », a indiqué le ministre. L’évaluation des coûts générés par chaque transport et l’efficacité du projet sur le plan clinique seront mesurées.

Par ailleurs, si Québec décidait d’étendre le projet à toute la province, Airmédic pourrait se retrouver avec des compétiteurs, puisque le gouvernement irait en appel d’offres, assure Gaétan Barrette.

Le CHU de Québec – Université Laval est partenaire du projet, parce qu’il chapeaute déjà le service d’évacuations aéromédicales du Québec. Il sera notamment responsable de la logistique et de s’assurer de la qualité des soins fournis aux patients.

Les paramédics se disent exclus de ce projet pilote

La Corporation des Paramédics du Québec déplore « que les compétences et les soins professionnels des paramédics n’aient pas été retenus pour ce projet pilote ».

« Normalement, des paramédics accompagnent les membres qui utilisent le service de transport héliporté d’Airmedic en plus des autres professionnels de la santé tels que des infirmières, inhalothérapeutes ou médecins. Or, le projet pilote annoncé par le Ministère de la Santé et des Services sociaux n’impliquera que des professionnels de la santé reconnus par les lois », indique Patrick Dufresne, président de la Corporation des Paramédics du Québec.

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