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Ras-le-bol de Manawan concernant les pannes d'électricité

Le chef des Atikamekw de Manawan, Jean-Roch Ottawa, accuse Hydro-Québec d'inaction pour les pannes de courant que subit sa communauté depuis plusieurs années.

Un texte de Guy Bois et Anne-Marie Yvon

Le chef Ottawa apporte comme exemple la panne du samedi 20 janvier qui a privé la communauté autochtone d’électricité pendant plus de 19 heures consécutives, laissant les résidents sans chauffage et sans eau chaude.

Le chef Ottawa a transmis mercredi une lettre au PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel, pour lui faire part de son mécontentement et l’inviter à le rencontrer afin de déterminer les mesures à prendre dans les plus brefs délais.

Jean-Roch Ottawa avance, en se basant dit-il sur des chiffres d’Hydro-Québec, qu’en l’espace de seulement huit mois, les résidents de Manawan avaient été privés de courant pendant près de 100 heures au total.

Le leader atikamekw soutient de plus que les pannes répétées contreviennent à une convention signée en 1979 qui stipule qu’Hydro-Québec doit raccorder la communauté de Manawan au réseau de transport d’électricité et assurer l’entretien, la réparation et le maintien de ce réseau.

« En plus des délais déraisonnables imposés à la clientèle de Manawan, nous constatons également qu’Hydro-Québec priorise d’autres pannes sans fournir d’explications valables et elle ne fournit pas les ressources spécialisées afin de rétablir le service dans des temps acceptables, » soutient le chef des Atikamekw de Manawan.

À la recherche de solutions

Joint par Espaces autochtones, le porte-parole d’Hydro-Québec, Louis-Olivier Batty, explique qu’un isolateur désuet ayant causé un court-circuit est à l’origine de la panne du 20 janvier.

Une équipe d’Hydro-Québec a dû se rendre sur place pour changer cette pièce défectueuse et réalimenter la ligne.

En général, chaque panne peut durer 10 à 12 heures avant que le tout ne soit rétabli. En cause : la situation géographique de Manawan et une ligne qui a besoin d’une bonne remise en état, explique M. Batty.

Il faut compter trois à quatre heures, selon les conditions météorologiques, pour se rendre sur place, car l’équipe d’Hydro-Québec est basée à Sainte-Émélie-de-l'Énergie ou à Rawdon, à plus d’une centaine de kilomètres de Manawan.

Une fois sur les lieux, l’équipe de réparation a besoin de deux à trois autres heures pour inspecter la ligne, faire les travaux et en profiter pour installer des équipements télécommandés qui permettront, la prochaine fois, d'effectuer des manœuvres à distance.

Autre défi pour Hydro-Québec, une ligne électrique qui ne longe pas tout le temps la route. En hiver des motoneiges sont nécessaires pour entrer dans le bois et patrouiller le réseau de plus de 80 km de long. En été, il faut se rendre en VTT. Tout cela complique le travail et les délais d’intervention.

Les enjeux particuliers de la ligne alimentant Manawan

Léguée par le fédéral, la ligne dont a hérité Hydro-Québec n’était pas en très bon état. Il a d'abord fallu changer une centaine d’isolateurs, tout autant seront remplacés au cours de l’année 2018.

Des travaux « de maîtrise de la végétation » sont aussi nécessaires pour éviter que des arbres et des branches ne posent problème. La végétation cause jusqu’à 60 % des pannes en milieu boisé, précise le porte-parole d’Hydro-Québec.

La configuration de la ligne et la situation géographique représentent les principaux défis pour la société d’État qui travaille à mettre de l’avant des solutions pour améliorer le service.

Rien n’indique que le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel, rencontrera le chef Jean-Roch Ottawa pour déterminer les mesures à prendre. Mais, selon Louis-Olivier Batty, le PDG est « très sensible à la qualité de service de ses clients. » Il ajoute qu’une équipe de relations avec les Autochtones d’Hydro-Québec est déjà en contact étroit avec la communauté atikamekw de Manawan.

« On comprend que la communauté de Manawan souhaite avoir un niveau de service d’électricité auquel l’ensemble des Québécois ont droit », conclut M. Batty en soutenant que c’est ce qu’Hydro-Québec veut leur offrir.

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