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Rugby féminin : l’or dans la mire du Canada

En 2014, l'équipe canadienne de rugby à 15 a surpris la planète ovale en remportant la médaille d'argent de la Coupe du monde en France. Trois ans plus tard, en Irlande, les Canadiennes veulent confirmer leur place au sommet de la hiérarchie mondiale et prouver que leur titre de vice-championnes du monde n'était pas un accident de parcours.

Un texte d’Antoine Deshaies

Les Canadiennes occupent présentement le troisième rang mondial derrière l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande.

« On vise la médaille d’or, confie l’entraîneur-chef de l’équipe Francois Ratier. Mais c’est aussi l’objectif des 11 autres nations du tournoi. On a travaillé très fort, mais les autres équipes aussi. Notre finale en 2014 ne garantit pas qu’on y sera cette année. »

La marge d’erreur des Canadiennes est quasi inexistante. Pour assurer sa place en demi-finale, le Canada doit terminer premier de son groupe, devant la costaude Nouvelle-Zélande.

Les douze équipes sont réparties dans trois poules. La première équipe de chaque groupe accède au carré d’as et le quatrième billet est attribué à la meilleure deuxième.

Bref, c’est loin d’être acquis, mais la confiance règne.

« J’estime qu’on a de bonnes chances de gagner, affirme la joueuse de centre Alexandra Tessier. On a une bonne chimie et plusieurs joueuses au talent exceptionnel. On se sent prêtes à rivaliser avec tout le monde. »

« On a une équipe très mobile sur le terrain et on peut s’adapter à plusieurs situations, analyse Francois Ratier qui pilotera l’équipe canadienne à une deuxième Coupe du monde. Nous formons une équipe très soudée sur et à l’extérieur du terrain. Nos athlètes s’aiment et aiment jouer ensemble et ça paraît. »

« Pour gagner le tournoi, il n’y a pas de formule magique, ajoute l’entraîneur-chef. Il faut battre toutes les équipes et être meilleures de match en match. C’est cliché, c’est con, mais c’est la réalité. On connait nos limites et on doit les repousser.

Huit Québécoises parmi les 28 joueuses sélectionnées

Plus du quart de l’équipe est composé de joueuses du Québec. Magali Harvey, nommée joueuse de l’année sur la planète en 2014, y sera tout comme la médaillée de bronze en rugby à sept à Rio, Karen Paquin. Les deux athlètes de la région de Québec mèneront les troupes grâce à leur expérience.

« C’est inspirant de regarder le parcours des joueuses comme Paquin et Harvey, confie Alexandra Tessier. En les observant, on comprend tout de suite ce que ça prend pour exceller. Elles ont une énergie contagieuse qui donne le goût de les suivre. »

Il y aura aussi plusieurs recrues, comme Tessier, de Sainte-Clotilde de Horton et Frédérique Rajotte, de Longueuil. Les deux joueuses de 23 ans sont coéquipières à l’Université Concordia.

Elles sont beaucoup plus que des coéquipières. Elles sont amies et même colocataires.

« C’est rassurant de l’avoir à mes côtés sur le terrain, confie Rajotte. Je suis heureuse de vivre cette première coupe du monde ensemble. On passe tellement de temps ensemble, on se connait tellement que ça paraît sur le terrain. »

« C’est con, mais j’espère qu’on sera aussi colocs en Irlande, renchérit Tessier. On a le même rythme de vie et la même vision de notre sport. On est très confortables ensemble. »

Même si elles en seront à leur première Coupe du monde, Tessier et Rajotte camperont des rôles importants, assure leur entraîneur.

« Elles ne jouent pas depuis si longtemps, mais elles ont beaucoup d’expérience malgré leur âge, affirme Francois Ratier. Elles sont fortes techniquement et vont apporter beaucoup d’énergie au groupe. »

Des progressions rapides

Tessier et Rajotte ne pensaient pas nécessairement se retrouver si rapidement sous les projecteurs.

Rajotte a commencé à jouer au rugby à 16 ans. Tessier, elle, ne connaissait rien de son sport il y a à peine six ans.

« Il n’y avait pas de rugby où j’ai grandi, confie Tessier. J’ai commencé à jouer seulement à ma deuxième année de cégep. Il y a deux ou trois ans, jamais je n’aurais pensé me rendre là. Je suis très compétitive et j’ai travaillé fort. J’ai une grande curiosité de voir jusqu’où je peux me rendre et ça me motive. »

« Avant c’était un rêve, mais là c’est devenu une réalité, ajoute Rajotte. C’est tellement gros, j’ai vraiment hâte. »

Rajotte entend mettre sa vitesse à contribution pour aider l’équipe canadienne à ramener l’or. Elle avait même mis une croix sur une carrière internationale quand elle est entrée à l’université.

« Quand j’ai recommencé à faire des camps avec l’équipe nationale, je me suis dit que finalement ça pourrait être possible. »

Les Canadiennes ouvrent leur tournoi le 9 août contre Hong Kong à Dublin.

La finale est prévue le 26 août.

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