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Santé des jeunes au secondaire : de nouveaux phénomènes étudiés

Cigarette électronique, sommeil et utilisation de suppléments chez les garçons pour augmenter leur masse musculaire. Ces éléments sont sous la loupe des experts de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), qui travaillent à mettre à jour les données de la deuxième Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire. Les directions régionales de santé publique suivent de près le processus.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

Depuis le mois de novembre, des équipes d'intervieweurs vont directement à la rencontre des jeunes dans des écoles secondaires publiques et privées de la province qui ont été sélectionnées aléatoirement.

Le jeune répond sur une tablette dans sa classe, mais personne ne peut voir ses réponses. Ni l'enseignant ni les gens de l'étude. Ils ne circulent pas dans les rangées.

Mikaël Berthelot, coordonnateur du programme d'enquêtes de santé publique à l'ISQ

À mi-chemin du processus, il est évidemment trop tôt pour en tirer des conclusions, mais l'ISQ assure que tout se passe très bien.

Au terme de l'enquête, 470 écoles devraient avoir été visitées, pour un total de 2900 classes, et l'objectif est d'atteindre 65 000 élèves.

Par exemple, en Mauricie, plus de 30 écoles auront participé à l'enquête pour un total d'environ 5000 jeunes.

L’exercice, qui a été mené pour la dernière fois en 2010-2011, s’échelonnera jusqu’au mois de mai.

Toutes les régions seront visitées.

Il faut absolument aller dans toutes les régions pour avoir des données représentatives à l'échelle provinciale.

Mikaël Berthelot, coordonnateur du programme d'enquêtes de santé publique à l'ISQ

Nouveaux phénomènes

Le questionnaire présenté aux jeunes est principalement le même que le précédent, dans une proportion de 80 %, afin de permettre une meilleure comparaison des données.

« On s'intéresse à de nouvelles thématiques, comme par exemple le sommeil, qui est une préoccupation dans la santé publique », explique M. Berthelot.

L’évolution de la société et l’émergence de nouveaux phénomènes nécessitent des ajustements.

Faits saillants de la dernière étude

En 2010-2011, lors de la première édition de l'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire, 63 200 élèves ont été rencontrés dans l'ensemble de la province et 97 % des écoles sélectionnées avaient accepté de participer.

Certains éléments mis en lumière à ce moment seront aussi surveillés de près lors de la compilation des plus récents résultats.

Parmi les faits saillants du document précédent, il y avait la consommation de cannabis : 25 % des jeunes, à l'échelle provinciale, admettaient en avoir consommé dans l'année.

L'ISQ dit aussi porter une attention particulière à la santé mentale des jeunes ainsi qu'à leur adaptation sociale, qui représente une proportion importante de l'enquête.

La détresse psychologique était particulièrement élevée chez les filles puisqu'en 2010-2011, 28 % des filles présentaient un niveau de détresse psychologique élevé.

Mikaël Berthelot, coordonnateur du programme d'enquêtes de santé publique à l'ISQ

D'autre part, plus d'un tiers des adolescents avaient été victimes de violence ou d'intimidation dans la dernière enquête.

Les prochains résultats permettront de voir si toute la prévention déployée dans les écoles a eu un effet positif.

Un outil précieux

Les données de cette étude représentent une mine d'or pour les directions régionales de santé publique, dont le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-Centre-du-Québec (CIUSSS-MCQ).

L'organisation se sert des données régionales pour diriger des interventions en collaboration, notamment, avec les commissions scolaires pour l'élaboration de stratégies de sensibilisation auprès des groupes concernés.

Pas juste pour prendre une photo à un moment précis, mais pour ajuster les interventions et se donner de nouveaux objectifs. C’est qui, nos jeunes; c’est quoi, les facteurs en émergence, les problématiques observées?

Nathalie Cauchon, chef des services à la direction de santé publique, volet promotion et prévention, CIUSSS-MCQ

Si, par exemple, près des trois quarts des élèves du secondaire de la Mauricie et du Centre-du-Québec se considéraient en 2010-2011 en bonne ou en excellente santé, des éléments préoccupaient les intervenants.

« En général, les jeunes de la région se portent relativement comme l’ensemble du Québec avec quelques différences, quelques faiblesses et quelques forces », explique Mme Cauchon.

Parmi les facteurs de vulnérabilité qui avaient été observés pour la région, il y avait entre autres la consommation d'alcool.

On a beaucoup insisté sur ne pas conduire quand on consomme de l’alcool, mais jusqu’à un certain point, on peut se demander si on ne banalise pas un peu l’alcool comme produit.

Nathalie Cauchon, chef des services à la direction de santé publique, volet promotion et prévention, CIUSSS-MCQ

« On est à observer le phénomène, à le documenter. On va pouvoir ajuster les interventions », explique Mme Cauchon.

Certaines évidences

S'il y a une certitude, c'est que la promotion des saines habitudes de vie sera toujours au coeur des interventions auprès des jeunes.

On aborde les jeunes dans l’ensemble, dans leur santé globale. Le jeune qui est bien physiquement risque d’être mieux psychologiquement et inversement.

Nathalie Cauchon, chef des services à la direction de la santé publique, volet promotion et prévention, CIUSSS-MCQ

D’autre part, Mme Cauchon mentionne qu’il faut éviter de banaliser certains résultats où l’on se démarque positivement.

« Quand il y a un phénomène qui est préoccupant pour l’ensemble du Québec, je pense que c’est important, comme région, même si on est comparable ou un peu mieux, de s’en préoccuper ou d’intervenir », indique-t-elle.

Un travail loin d'être terminé

Il reste encore beaucoup de pain sur la planche avant de connaître les faits saillants de l'enquête menée en ce moment.

Les résultats devraient être connus en novembre 2018.

Il y a tout un travail de validation et de traitement des données qui s'étalera pendant plusieurs mois pour bien analyser les données provinciales de toutes les thématiques.

Mikaël Berthelot, coordonnateur du programme d'enquêtes de santé publique à l'ISQ

À partir de ces informations, les directions de santé publique de chaque territoire seront en mesure d’en extirper les informations importantes afin de dresser un portrait de la région.

Ainsi, il sera possible de travailler de concert avec les organisations concernées, notamment les commissions scolaires et les écoles, pour intervenir de la meilleure façon auprès des élèves.

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