Les sit-in ne sont plus sans conséquence. Mercredi, le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec a remis des avis disciplinaires à 19 infirmières qui avaient utilisé ce moyen de pression le 21 avril dernier, au Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) de Trois-Rivières.

Un texte de Jérôme Roy

En plus d’avoir une lettre à leur dossier, les 19 employées s’exposent aussi à des sanctions si jamais elles récidivent. Les sit-in peuvent être considérés comme des grèves illégales, et c’est pourquoi l’employeur demandera au Tribunal administratif d’intervenir.

Selon le directeur des ressources humaines, communications et affaires publiques du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Louis Brunelle, les conséquences d’une telle intervention pourraient être « graves » pour les infirmières.

En plus de s’exposer à des amendes, les récidivistes pourraient aussi perdre de l’ancienneté.

Le CIUSSS n’avait « pas le choix » d’agir, prétend le directeur. Il affirme que déjà, le Tribunal administratif du travail avait proposé d’intervenir au cours des derniers mois.

M. Brunelle ajoute que l’initiative avait alors été déclinée, pour donner une chance à la direction et au syndicat de trouver des solutions face au manque de personnel récurrent.

« Force est d’admettre que les solutions qu’on a mises en place, et Dieu sait qu’on a mis beaucoup de solutions en place, ça n’a pas donné les résultats [escomptées]. [...] On était rendu à un point où c’était un incontournable, on devait absolument agir et transmettre la lettre pour dire aux salariés : "C’est terminé. C’est terminé les sit-in." », plaide M. Brunelle.

Selon lui, l’employeur et le syndicat peuvent aussi s’exposer à des sanctions du Tribunal administratif du travail dans cette situation. Les sit-in tenus par des syndiquées qui n’ont pas été rencontrées aujourd’hui seront, par ailleurs, évalués au « cas par cas ».

Le syndicat dénonce la manoeuvre

De l’aveu même de M. Brunelle, les rencontres avec les infirmières n’ont pas été faciles, mercredi.

Aux yeux de la présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Nathalie Perron, les infirmières paient pour une gestion inadéquate du personnel.

« C’est beaucoup de déception, beaucoup de colère, rapporte Mme Perron. [...] Si on ne reste pas en temps supplémentaire obligatoire, on a des avis disciplinaires. Il y a en a eu plusieurs cet hiver [et] encore une fois, ce sont elles qui sont pointées du doigt avec des avis disciplinaires. Quand on sait que ça fait trois ans qu’on a coupé, quand on sait qu’on n’a pas affiché les postes, quand on sait qu’il y a 25 postes vacants et également, c’est encore une fois [elles] qui paient le prix de cette mauvaise gestion-là. »

Selon Nathalie Perron, l’employeur devrait aussi être redevable lorsqu’il manque de personnel pour compléter une équipe. Elle reconnaît cependant que les syndiquées devront trouver d’autres moyens que des sit-in pour dénoncer le manque de personnel.

Quoi qu’il en soit, les deux partis disent travailler de concert pour trouver une solution au manque de main-d'oeuvre.

Deux sit-in

Le CIUSSS précise qu’il n’y a pas eu un, mais bien deux sit-in, le 21 avril dernier.

Pour ces deux événements, 13 infirmières de l’urgence et 6 du département de médecine ont été rencontrées par l’employeur, mercredi.

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