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Surdose de drogue mortelle à la Maison Carignan

Lyndia Hamel, cette jeune femme de 21 ans qui est décédée à la Maison Carignan le 27 décembre 2016, a succombé à une surdose alors qu'elle participait à une thérapie pour dépendance. Le coroner, Dr Pascal Pelletier, conclut à une mort accidentelle d'après ce qu'on peut lire dans son rapport dont Radio-Canada a obtenu copie.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

La jeune femme est décédée d’une polyintoxication à la cocaïne, à l’hydromorphone (Dilaudid) et aux amphétamines selon les résultats des analyses toxicologiques.

Dans son rapport d’investigation, le Dr Pelletier indique qu'elle n'a laissé aucune lettre et que rien ne lui permet de conclure à un suicide.

Son corps inanimé a été découvert par sa co-chambreuse le matin du 27 décembre, à peine deux jours après son retour d'une sortie. Elle avait obtenu une permission pour les 24 et 25 décembre. Une seringue et un sachet de poudre ont été découverts à son chevet.

Cependant, selon les notes des intervenants, elle ne présentait aucun signe clinique d’intoxication au moment où elle a été confrontée le 26 décembre en après-midi et plus tard dans la soirée. Afin d’augmenter le niveau de surveillance, les intervenants ont alors déplacé une autre bénéficiaire dans sa chambre, indique le rapport du coroner.

La co-chambreuse raconte qu’elle s’est réveillée vers 6 h 15 le lendemain matin, 27 décembre, et que c’est à ce moment qu’elle a découvert le corps inanimé de la jeune femme.

Par ailleurs, le coroner Pelletier met en lumière la difficulté « d’exercer un contrôle absolu à l’entrée d’un centre « ouvert » de thérapie pour dépendance ». Aussi, il ne montre pas du doigt la direction de la Maison Carignan même si Mme Hamel est décédée à la suite d’une récidive de consommation de drogues dans les murs du centre.

« Il est possible d'entrer de la drogue dans un milieu carcéral, imaginez dans un milieu ouvert comme celui de la Maison Carignan », mentionne le coroner que l'on a joint au téléphone.

Aucune recommandation ne se retrouve dans le rapport du Dr Pascal Pelletier, mais il aurait pu en rédiger une suggérant aux centres de thérapie de se doter de trousses de naloxone, cet antidote aux opioïdes, pour se préparer à une éventuelle surdose.

La direction de la Maison Carignan affirme, par voie de communiqué que la direction « a consulté attentivement le rapport du coroner en lien avec le triste événement survenu au sein de l'organisme en décembre 2016 » et assure avoir respecté le principe de « tolérance zéro » en ce qui concerne la consommation à l'intérieur du centre.

La direction s'appuie sur la difficulté d'exercer un contrôle absolu soulevée par le coroner dans son rapport.

Encore plusieurs questions sans réponses

Pourtant, le porte-parole de Coalition des organismes communautaires en dépendance, Nicolas Bédard, soulève plusieurs problèmes après avoir consulté le rapport du Dr Pascal Pelletier.

Selon lui, le principe de « tolérance zéro » n'a pas été appliqué comme le prétend la direction de la Maison Carignan.

Par ailleurs, il mentionne qu'il ne faut jamais accorder de permission de sortie à des gens qui sont en thérapie pendant le temps des Fêtes puisque les tentations sont beaucoup trop fortes.

Nicolas Bédard admet, comme le soulève le coroner dans son rapport, qu'il est impossible d'éviter complètement que la drogue entre dans les centres de thérapie.

Cependant, dans ce cas-ci, des erreurs importantes ont été commises et il espère que ce décès fera réfléchir les autorités.

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