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TransCanada demande une suspension temporaire de l'examen d'Énergie Est

L'annonce d'une évaluation plus approfondie du projet Énergie Est par l'Office national de l'énergie (ONE), le mois dernier, provoquerait-elle des remises en question chez TransCanada? Le promoteur de l'oléoduc a indiqué jeudi dans un communiqué, qu'il demandait à l'ONE la suspension temporaire de l'examen de son projet d'oléoduc pour une période de 30 jours.

L'entreprise basée à Calgary procédera à un « examen attentif » de l'impact des nouveaux critères imposés sur les coûts, les échéanciers et la viabilité du projet.

L’ONE a décidé en août dernier de tenir compte de la production de gaz à effet de serre en amont et en aval dans l’évaluation du projet d’oléoduc Énergie Est, et de donner plus de visibilité à l’évaluation des risques associés aux accidents tels que des fuites de pétrole.

L'oléoduc de 4500 kilomètres doit acheminer quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'au Nouveau-Brunswick, en passant par le Québec et l'Ontario.

Le pétrole est destiné aux raffineries de l'est du pays, mais aussi aux marchés d'exportation, à partir du port de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Évaluer les émissions indirectes de gaz à effet de serre est totalement redondant et inutile, estime TransCanada, qui a affirmé jeudi qu’elle continuerait à faire avancer ses autres projets, même si elle mettait en veilleuse Énergie Est.

« Ce qu’ils veulent faire, c’est mettre cela sur la glace, et je ne peux pas dire que je sois surpris », a déclaré un analyste en infrastructure énergétique chez AltaCorp Capital, Dirk Lever, ajoutant qu’évaluer les émissions indirectes, c’est vraiment beaucoup demander.

Le projet Énergie Est a perdu de la valeur pour TransCanada, depuis que le président américain Donald Trump a signé plus tôt cette année un décret présidentiel visant à relancer son projet d’oléoduc Keystone XL, qui transportera du pétrole des sables bitumineux albertains aux raffineries américaines.

L’organisme Greenpeace a réagi par communiqué, estimant que TransCanada craignait qu’une évaluation des émissions de gaz à effet de serre puisse conclure que « ce projet est totalement incompatible avec l’Accord de Paris et nos engagements climatiques ».

« Autrement dit, TransCanada a de la difficulté à trouver des pétrolières qui voudraient utiliser son pipeline Keystone XL et par conséquent Énergie Est ressemble de plus en plus à un éléphant blanc, sans parler du véritable mur d’opposition qui fait que ce pipeline ne pourra jamais passer la frontière du Québec », ajoute le responsable de la campagne Climat-Énergie, Patrick Bonin.

Le projet Énergie Est était prêt pour sa deuxième évaluation de l’ONE, alors que la première avait été bloquée l’an dernier après que l’on eut appris que deux membres de la commission avaient rencontré en privé l'ex-premier ministre Jean Charest, qui était alors consultant pour TransCanada.

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