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Triple meurtre à Trois-Rivières : le 2ème accusé dit que son complice lui a ordonné de tuer

Les plaidoiries sur la peine pour le plus âgé des accusés dans l'affaire du triple meurtre survenu à Trois-Rivières ont débuté lundi matin au palais de justice de Trois-Rivières. Cet accusé a plaidé coupable en juin aux trois chefs de meurtre prémédité et aux trois chefs de complot pour meurtre qui pesaient contre lui.

Lundi matin, des extraits de la vidéo de l'interrogatoire de février 2014 ont été présentés par la Couronne. L'adolescent y explique que son complice, Kaven Sirois, lui a ordonné de tuer une des sœurs.

L'adolescent raconte sans émotion dans quel ordre les victimes ont été tuées, puis il devient émotif lorsqu'il confesse avoir commis le crime. Dans la vidéo, on peut le voir fondre en larmes après que l'enquêteur lui eut fait entendre l'appel logé au 911 par l'une des victimes.

Sur les neuf heures qu'a duré l'interrogatoire, des extraits totalisant près de deux heures ont été présentés en cour lundi. L'accusé, cheveux courts, vêtu d'une chemise noire, est resté impassible durant la diffusion. Il ne connaissait pas les victimes, contrairement à Kaven Sirois, considéré comme l'instigateur du plan sordide.

En février 2014, les corps de deux soeurs et d'un ami d'une des victimes ont été trouvés dans une résidence de la rue Sicard, dans le secteur Trois-Rivières-Ouest.

Premiers témoins

La Couronne a appelé un premier témoin à la barre: l'enquêteur responsable du dossier pour la Sécurité publique de Trois-Rivières, David Majeau.

Il a confirmé que trois douilles de fusil avaient été trouvées sur les lieux du crime. L'enquêteur a aussi décrit des photos prises en février 2014 par son équipe. ll s'agit d'objets que les agresseurs comptaient utiliser pour torturer la mère des deux victimes, notamment une râpe, du sel, des fils de fer, des couteaux et des produits inflammables.

En après-midi, une autre enquêteuse de la Sécurité publique de Trois-Rivières a témoigné des échanges sur les réseaux sociaux entre les complices et leurs amis. Selon les échanges avec son ex-copine, on apprend que l'accusé est un grand consommateur de drogues dures. Les conversations captées sur Facebook révèlent aussi que l'accusé a dit à son complice qu'il voulait torturer quelqu'un.

Des procédures qui tardent

Les plaidoiries sur la peine visent à déterminer si l'accusé, qui avait 17 ans au moment des faits, sera assujetti à une peine pour adulte ou pour adolescent. Les plaidoiries avaient dû être reportées en raison d'ennuis de santé de l'avocat de la défense qui avait été hospitalisé

Les plaidoiries se sont d'ailleurs ouvertes avec une prise de bec entre le juge Raymond Pronovost et l'avocat de la défense. Maître René Duval voulait déposer une requête qui aurait eu pour effet de retarder les procédures. Le juge n'a pas voulu entendre la requête en matinée. « Il y a des familles qui attendent » a-t-il souligné. Me Duval a pu se reprendre en fin de journée et présenter sa requête; le juge l'a cependant rejetée.

Il y a environ un mois, Kaven Sirois a été condamné à demeurer à l'Institut psychiatrique Philippe-Pinel de Montréal jusqu'en septembre 2020, après quoi il sera transféré dans un pénitencier. Le meurtrier a écopé d'une peine de prison à vie. Il a été jugé comme un adulte, ce qu'il conteste.

Avec les informations de Maude Montembeault

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