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Triple meurtre : le complice de Kaven Sirois présente des traits narcissiques et antisociaux selon un psychiatre

Un psychiatre expert a témoigné jeudi matin dans le cadre des plaidoiries sur la peine d'un des deux responsables du triple meurtre survenu à Trois-Rivières en février 2014. Le Dr Martin Gignac affirme que le meurtrier présente des « traits narcissiques et antisociaux ».

Un texte de Marilyn MarceauTwitterCourriel

Le psychiatre de l'Institut Philippe-Pinel croit peu probable que le meurtrier ait perdu tout contact avec la réalité, comme il le prétend, au moment où il a tué une des victimes, mais il affirme que « c'est plausible ». Selon lui, il peut arriver qu'avec une montée de stress, une personne ait une réaction de détachement de la situation.

Le fait que l'accusé se souvienne très bien de ce qui s'est passé avant et après rend cependant cette possibilité moins crédible.

Le spécialiste en psychiatrie de l'adolescence affirme que le jeune homme était « neutre et monocorde » quand il lui parlait. Comme d'autres experts qui ont témoigné avant lui, le Dr Gignac a constaté que l'agresseur n'a pas de regret et rejette la responsabilité sur son complice, Kaven Sirois qui purge actuellement sa peine de prison à vie à l'Institut Philippe-Pinel, à Montréal.

Selon son analyse, le jeune adulte « n'a pas de maladie, mais des traits de personnalité qui lui ont causé des ennuis tout au long de son développement ».

Constat plus positif d'un autre psychiatre

En après-midi, la défense a appelé le Dr Louis Morissette à venir témoigner de l'état mental de son client. Le psychiatre, qui oeuvre lui aussi à l'Institut Philippe-Pinel, a apporté un son de cloche différent des experts entendus jusqu'ici.

Selon lui, l'accusé n'est pas impassible et sans émotion, il est plutôt réservé, a une estime de soi fragile et a du mal à faire confiance à ceux qui l'entourent. Il souffrirait aussi d'une forme de morosité chronique.

Le psychiatre est convaincu que le meurtrier se responsabilise face aux gestes qu'il a commis le 11 février 2014.

« Il ne cherche pas d'excuses », affirme le Dr Morissette, le même qui avait été engagé par l'avocat de la défense de Guy Turcotte.

Il souligne que le processus de réadaptation se déroule très bien. Le jeune homme ne s'oppose pas aux rencontres avec les intervenants et participe à la vie de groupe.

Le Dr Morissette reconnaît qu'il reste beaucoup de travail à faire, mais pense qu'un processus de réadaptation pourrait aider le jeune homme à bien fonctionner dans la société, un jour.

Il rappelle que l'accusé a suivi son complice dans le complot pour meurtres parce que le plan était que Kaven Sirois le tue. Le jeune homme voulait « se faire suicider », souligne-t-il.

Consommation de drogue

Le jeune homme a par ailleurs confié au psychiatre qu'il consommait des substances pour calmer les douleurs qu'il ressentait. Il ne prend plus de drogue depuis son arrestation en février 2014 et habite présentement dans un centre de réadaptation.

Le jeune homme a plaidé coupable en juin à trois chefs d'accusation de meurtres et à trois autres chefs de complot pour meurtre. Deux sœurs et l'ami de cœur de l'une d'elles ont été abattus dans la résidence familiale des jeunes femmes sur la rue Sicard dans le secteur Trois-Rivières-Ouest.

Le deuxième accusé dans cette affaire est de retour en cour depuis lundi. L'objectif de ses audiences est de déterminer si le coupable devrait être assujetti à une peine pour adulte ou pour adolescent.

Plus tôt cette semaine, une criminologue a recommandé qu'il soit jugé comme un adulte.

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