Tuer l'agrile du frêne grâce à un champignon, c'est l'idée que va tester cet été une entreprise de Trois-Rivières pour contrer la progression de ces insectes qui font des ravages partout dans le Nord-est américain.

Le projet expérimental sera mis sur pied en juin dans une quinzaine de villes du Canada et des États-Unis. Il durera entre quatre et cinq ans.

Le protocole de recherche a été élaboré par la firme trifluvienne GDG Environnement, en collaboration avec l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) etEnvironnement Canada. Des chercheurs de Ressources naturelles Canada ont développé l’idée d’utiliser le champignon comme agent biologique.

Trois-Rivières fait partie des villes où l’agent biologique sera testé.

Des essais ont d’ailleurs été réalisés mardi au parc Antoine-Gauthier, dans le secteur Pointe-du-Lac, où l’agrile du frêne vient d’être détecté. Ce fut aussi l’occasion de former les techniciens en vue du déploiement du projet.

Mercredi, l'équipe se rendra dans la région de Chicago où l'agrile du frêne s'attaque aux arbres depuis des années.

Comment ça marche

Un gros tube sera installé dans les arbres. Le tuyau sera vert, car les agriles sont attirés par cette couleur.

Grâce à sa forme, les agriles qui s’aventureront sur le tuyau tomberont dans le fond où se trouvera le champignon fatal pour l’insecte : le Beauveria bassiana.

« On a travaillé là-dessus durant plusieurs années et on sait que lorsque l'insecte est en contact avec le champignon, l'agent actif, qui est toxique pour l'insecte, l'amène à mourir dans les cinq jours à peu près », explique Robert Lavallée, chercheur au Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada.

Les pièges seront installés en juin, qui est la période d’accouplement pour les agriles. Ainsi, les mâles infectés iront contaminer les femelles, ce qui affectera aussi leurs oeufs.

D'après les informations de Pierre Marceau

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