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Un effet « Émilie Bordeleau » dans les choix de prénoms au Québec?

La série télévisuelle Les filles de Caleb, inspirée des romans d'Arlette Cousture et diffusée entre 1990 et 1991, pourrait bien avoir eu un certain effet de mode sur les choix de prénoms au Québec au début des années 1990.

Un texte de Marie-Ève Trudel

En 1990, le prénom Émilie est le 5e nom le plus populaire chez les jeunes filles : il est donné près de 900 fois. En 1991 et 1992, le prénom est respectivement aux 7e et 8e rangs des prénoms féminins en tête de liste.

Si le prénom avait déjà du succès avant que ne soient diffusées Les filles de Caleb, il n'en demeure pas moins que la série « confirme sa force et l'augmente même pendant quelques années », selon le professeur honoraire de l'Université de Montréal et auteur du livre Nos prénoms et leurs histoires, Guy Bouthillier.

Qu'en est-il des prénoms Marina et Roy?

Marina Orsini et Roy Dupuis ont incarné les héros de la série. « Il n'y a pas eu de vague Marina, ni de vague Roy », reconnaît Guy Bouthillier, mais ces prénoms ont néanmoins connu leurs meilleures années au début de la décennie 1990, au moment même de la diffusion de la série ou peu de temps après.

Le prénom Marina, qui a été donné en moyenne 17 fois par année dans les années 1980, a atteint des seuils de popularité inégalés au cours des années suivant la diffusion de la série. Une cinquantaine de petite Marina verront donc le jour en 1992 et 1993.

Le choix du prénom Roy chez les nouveau-nés québécois est marginal, mais il a tout de même doublé lors de la diffusion de la série, passant de 6 à 12 entre 1990 et 1991.

Les choix de prénoms ont très souvent été influencés par les « vedettes », souligne Guy Bouthillier, qu'elles viennent de l'église, de la politique, de la littérature, du cinéma ou de la télévision.

Même si les prénoms Marina et Roy ont fait un bond indéniable qui coïncide avec la diffusion de la série Les filles de Caleb, Guy Bouthillier insiste sur le fait qu'ils n'ont pas été abondamment attribués. « Peut-être qu'un jour Marina et Roy deviendront des prénoms extrêmement répandus, mais ça n'a pas l'air d'être pour aujourd'hui », relativise-t-il.

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