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Un homme de 93 ans raconte la construction de la centrale de La Tuque

Peu d'hommes qui ont contribué à la construction de la centrale hydroélectrique de La Tuque, dans les années 1930, sont encore là pour témoigner des conditions dans lesquelles elle a été érigée, à l'époque. Armand Plourde, 93 ans, est nécessairement l'un des rares à être encore là pour le raconter.

Un texte d'Alexandre Duval

Pour souligner ses 75 années d'existence, la centrale hydroélectrique de La Tuque tenait une journée portes ouvertes, samedi. Encore bien solide sur ses deux jambes, Armand Plourde s'est déplacé sur les lieux de la centrale pour participer à l'activité.

Contrairement aux 400 autres visiteurs,  le nonagénaire pouvait revendiquer une connaissance intime des débuts de la centrale. 

« J'ai 93 ans. C'est pour ça que j'ai travaillé ici en 1939! », lance-t-il d'un ton décomplexé. Armand Plourde faisait partie des 2500 hommes qui étaient sur le chantier, à l'époque.

« Dans ce temps-là, ce n'était pas comme aujourd'hui! [...] C'était bien plus manuel! Je me rappelle, les gars, ça piquait au pic, ici, et ça pelletait! », se remémore-t-il à partir du lieu qu'il a lui-même contribué à bâtir.

Un horaire éreintant

Armand Plourde se souvient que les conditions n'étaient pas toujours faciles, à l'époque. Il travaillait de minuit à 8 heures et ne disposait pas de pauses très extensives. 

« À 4 heures, ils faisaient sonner un sifflet et là on mangeait. À 4 h 15, c'était un autre sifflet et là il fallait partir. Tu n'avais pas le temps de te faire cuire un steak! On mangeait des sandwichs et il fallait que tu les avales vite! »

La centrale de La Tuque a été progressivement mise en service entre 1940 et 1955. Son coût de construction était de 12 millions de dollars à l'époque, ce qui équivaudrait aujourd'hui à 189 millions de dollars.

Avec les informations de Pierre-André Cloutier.

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