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Un restaurant de Trois-Rivières réservé aux plus de 21 ans ?

De jeunes adultes disent avoir été discriminés par un établissement du centre-ville de Trois-Rivières, qui leur aurait refusé l'entrée en raison de leur âge.

En juin dernier, Joanie, une jeune femme de 20 ans, souhaitait aller prendre un verre au restaurant Les Contrebandiers, situé sur la rue des Forges. Elle était accompagnée de quatre amies et assure que son groupe n'avait bu que quelques verres au souper.

Arrivées au bar, le portier leur a demandé leur âge. Leur réponse: 19 et 20 ans. L’employé leur aurait alors refusé l'accès, prétextant que l'établissement était réservé aux 21 ans et plus. Il aurait ajouté que les clients n'aiment pas les moins de 21 ans et que, de toute façon, elles ne consommeraient pas assez.

Frustrée, la jeune femme a porté plainte auprès de l'établissement. Elle affirme qu’on lui a simplement répondu que « ça pouvait arriver », et qu'on lui avait probablement servi ce prétexte parce qu'il y avait déjà beaucoup de clients à l'intérieur.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse est toutefois formelle : il s'agit de discrimination.

« Le principe de la discrimination est simple : si on peut montrer qu’on fait l’objet d’un traitement différent fondé sur un motif – ici, ce serait l’âge – dans le refus d’accès à un lieu public, on a réuni les critères de base pour qu’on puisse conclure qu’on est face à une situation de discrimination dans les circonstances », précise l’avocate Me Stéphanie Fournier.

L’un des propriétaires de l’établissement, Ian O'Shaughnessy, concède que ce genre de situation peut survenir.

M. O'Shaugnessy, qui n’a pas souhaité accorder une entrevue formelle, explique viser une clientèle de 25 à 45 ans, et c'est pour cette raison, dit-il, que lorsque le bar est relativement plein, le personnel « filtre » la clientèle en fonction de l'âge.

Il a aussi ajouté que le prétexte pouvait servir sur une personne qui est mal habillée ou visiblement éméchée.

Me Stéphanie Fournier souligne qu’un établissement est libre de développer un marketing pour cibler un certain type de clientèle, mais ne peut discriminer ses clients en fonction de leur âge.

« On peut encourager, cibler un certain type de clientèle, que ce soit par la musique, par le style, par l’ambiance », illustre-t-elle.

D’autres bars ont déjà écopé pour avoir refusé l’accès à des clients de moins de 21 ans.

Vers la fin des années 90, un bar de Saint-Jean-sur-le-Richelieu a dû verser 1500 $ à une jeune femme à la suite d'une plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Me Fournier estime que l’amende imposée par un tribunal pour un pareil cas de discrimination pourrait être beaucoup plus salée aujourd’hui.

Selon les informations de Jérôme Roy.

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