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Une cinquième étape bien « spéciale » pour Patrick Charlebois

Patrick Charlebois vient de conclure la cinquième étape de son défi de courir 10 marathons en 10 jours dans 10 provinces canadiennes, le Canadian Marathon Challenge. Mercredi matin, le Trifluvien a parcouru ses 42,2 km quotidiens en bonne compagnie, à Montréal.

Un texte d'Olivier Pellerin

Lorsqu’on lui demande comment il se sent, sa réponse dépasse l’entendement.

« Je me sens comme quelqu’un qui a couru quatre marathons en quatre jours, toutes choses étant relatives. »

Le coureur de 48 ans se sentait bien, malgré tout. La veille, il était à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard, où il a conclu la distance en 3 h 15 min 21 s, une moyenne depuis son départ de Saint-Jean, à Terre-Neuve.

L’homme est habitué à ce genre de régime quasi « militaire ». En 2017, Charlebois était devenu le premier Canadien à finir le Défi Marathon mondial, qui consiste à courir sept marathons sur sept continents, en sept jours. Avec cet exploit hors normes, il avait amassé 93 495 $ pour la Fondation régionale pour la santé de Trois-Rivières.

Cette fois, c’est pour la Fondation Terry Fox qu’il soumet son corps à une telle charge de travail. Il aurait amassé plus de 3000 $ jusqu’à présent, mais il souhaite que son passage au Québec aide sa cause.

Le directeur de la branche québécoise de la fondation, Peter Sheremeta, était bien fier du montant recueilli jusqu’à présent. Aucun objectif n’avait été fixé avant le coup d’envoi de l’événement.

Sheremeta a d’ailleurs tenu à rappeler que lors du marathon de l’espoir de Terry Fox, en 1980, seule une fraction des 1,5 million de dollars remis à la recherche sur le cancer avait été engrangé pendant passage du jeune homme de 21 ans à Montréal.

L’aspect humain avant tout

Vers 6 h 45, mercredi, une vingtaine de coureurs avaient revêtu shorts et souliers de course pour accompagner Patrick Charlebois le long du canal Lachine. « J’ai beaucoup de plaisir dans toutes les villes que je visite, c’est sûr que ma province natale, pour moi, c’est très spécial », confie-t-il.

Parmi eux, Laurent Allie, 14 ans, qui a fait faux bond à ses partenaires de classe pour y être. En voie de courir son quatrième marathon à vie, le natif de Saint-Eustache a dû se limiter à un demi-marathon, visiblement épuisé de sa participation au marathon de Longueuil, dimanche dernier.

« C’est incroyable. Moi, j’ai couru mon premier marathon à 30 ans. Je le vois à son âge se dépasser comme ça, et je me dis qu’on a une belle relève. »

De son propre aveu, ce sont des rencontres comme celles faites mercredi matin qui rendent ce défi plus agréable, au-delà de la vitesse et des résultats qui motivent les coureurs de haut niveau dont il fait partie. À titre d’exemple, Charlebois a participé à tous les marathons majeurs, dont le mythique rendez-vous de Boston, en moins de trois heures. Mais cette fois, le temps n’a plus d’importance.

« Le temps qu’on prend pour faire un marathon, le record qu’on a sur un marathon, ce n’est pas si important que ça. C’est vraiment les gens qu’on rencontre, et le Canadian Marathon Challenge me permet de faire ça totalement. »

Après 3:14:45 de course le long du canal Lachine, des traitements et quelques minutes de discussion avec des amis passés le saluer, Partick Charlebois mettra le cap vers Toronto, où il poursuivra, jeudi matin, la tournée pancanadienne qu’avait imaginée Terry Fox, il y a 38 ans.

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