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Une école pour 15 élèves dans un village en Haute-Mauricie

Cette année, l'école Notre-Dame-de-l'Assomption de Parent accueille 15 élèves, du primaire et du secondaire. Les élèves savent depuis leur premier pas à l'école qu'ils devront quitter pour terminer leur secondaire à La Tuque, à 200 kilomètres de leur patelin. C'est que les ressources ne permettent pas d'offrir l'école au-delà de la troisième année du secondaire. Nicolas Mondor se prépare pour la prochaine étape.

Un texte de Marie-Ève Trudel

« Cette année, c'est ma dernière année ici, dit-il. Ça fait un petit choc ».

À 15 ans, il a toujours été dans une classe de moins de cinq élèves.

Il y a quelques semaines, lui et son professeur ont pris le chemin vers La Tuque pour aller visiter l'école secondaire Champagnat où Nicolas Mondor terminera son parcours. 422 élèves y sont inscits cette année.

« La plus belle chose qu'il nous a dit, c'est : "Monsieur, j'ai vu des gens qui me ressemblaient", relate son professeur. Quand tu es tout seul dans ton école à faire du secondaire 3, ça ne veut pas dire que les gens dans ta classe te ressemblent. Quand il y a 100 élèves, dans un niveau scolaire, c'est plus facile d'aller t'associer avec des pairs ».

La visite a été sécurisante. « Je me suis plus senti en confiance, je me suis dit que ça n'allait pas être si pire que je pensais », dit Nicolas Mondor qui aspire même à intégrer l'équipe de football, chose qu'il n'aurait pas pu faire à Parent.

Les jeunes qui quittent ne reviennent pas tous à Parent, mais Nicolas Mondor le souhaite profondément. Son souhait est de revenir dans le secteur, auprès de sa famille, après avoir complété une formation en mécanique, comme son grand-père.

Des professeurs aux rôles multiples

Ils sont quatre à enseigner à l'école de Parent. Lyne Lavallée est la doyenne avec près de 30 ans de service.

« C'est sûr qu'on fait plus avec moins, il faut s'investir en tant qu'enseignant beaucoup beaucoup, dit-elle. On est une famille à l'école de Parent ».

Comme dans tous les milieux scolaires, il y a des plans d'intervention et des suivis avec des intervenants, mais les professeurs doivent être particulièrement alerte. Les psychologues et psychoéducateurs se déplacent quelques fois par année seulement.

« Des fois, on fait des rencontres par visioconférence. Des fois, quand c'est des rapports humains, c'est pas nécessairement facile, mais quand même, moi je reconnais que c'est un service qu'on a », nuance Lyne Lavallée.

À l'école Notre-Dame-de-l'Assomption, le lien entre les professeurs et les élèves est très fort. Il n'est pas rare qu'un élève appelle son enseignant la fin de semaine pour résoudre un problème en mathématiques. Aussi, les professeurs organisent souvent des soirées de divertissement.

« Notre rôle, c'est d'être enseignant. Mais au-delà de ça, quand tu as cinq élèves dans ta classe et que tu les tiens par la main, tu as à coeur leur développement, explique Jonathan Marcouiller. On devient des amis, on devient des parents, on devient des enseignants et la ligne est difficile parfois à ne pas franchir parce que tu veux le meilleur pour tes élèves ».

Une chorale pour éveiller à la culture

Au fil des années, l'apprentissage par projets s'est imposé à l'école de Parent. Pour les élèves, c'est motivant et dynamique. Pour les professeurs, ça répond aux objectifs académiques.

L'un des défis de l'éducation en région éloignée, c'est de favoriser l'ouverture sur le monde et d'éveiller les élèves à la culture. Depuis deux ans, ça passe notamment par la chorale.

« Notre matière, notre contenu académique, on va la passer à travers ces projets-là, dit Jonathan Marcouiller. C'est surtout les compétences en français, donc communication orale, écrite. Puis en mathématiques, on est vraiment dans le budget alloué, pourcentage, fractions », énumère-t-il.

Pour la première fois depuis ses débuts, la chorale de l'école va retentir au-delà des frontières de Parent. Les enfants seront au complexe culturel de La Tuque le 9 mai lors de la soirée d'entrepreneuriat jeunesse « Sur les traces du loup ».

Aux yeux des professeurs, c'est une initiative de plus pour garder l'étincelle dans les yeux de ces élèves qui évoluent en région éloignée.

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