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Une famille d'Odanak fera la route des pow-wow cet été

Une famille de la communauté abénakise d'Odanak au Centre-du-Québec participera à sept pow-wow cet été. Avec leur caravane et leur camionnette, les Hamel-Roy parcourront ces événements pour transmettre la culture et la fierté d'être autochtone à leurs enfants.

Un texte de Catherine Bouchard

« Je suis fière d'être Indienne », dit spontanément Lyliane Hamel-Roy, âgée de 10 ans. La tournée des pow-wow a permis à la jeune fille de connecter avec sa culture et d'en éprouver une grande fierté. C'est d'ailleurs l'objectif que visait ses parents en participant à plusieurs de ces fêtes traditionnelles tout l'été, depuis quatre ans.

Nathalie Hamel, sa mère, a redécouvert les pow-wow il y a quatre ans. Elle participait à cet événement à Odanak, mais un tour à celui de Wendake lui a fait découvrir un autre aspect de sa culture. La compétition dans celui de Québec et l'aspect plus traditionnel ont charmé la mère de famille. « Tu avais des catégories de danses. Il y avait la clochette, le châle, et le traditionnel pour les femmes. Ça a commencé à m'intéresser à ce moment. Je ne savais pas qu'elle catégorie m'intéressait le plus », relate-t-elle.

Mme Hamel a finalement opté pour la danse à clochettes. C'est la spiritualité de cette danse qui l'a conquise. « Le son des clochettes quand on danse, c'est un son de guérison. Puis, il y a des chants et des bruits de tambours qui sont en lien avec ça. Il y a des gens qui peuvent demander de se faire guérir tant physiquement que spirituellement dans des pow-wow. C'est très puissant comme danse », estime-t-elle.

Les femmes adultes portent le régalia, un habit traditionnel incluant la robe qui comporte 365 clochettes, soit une pour chaque jour de l'année. La tradition veut qu'elles soient installées pendant un an avec une prière pour chacune. Pour les enfants, environ une centaine de clochettes sont apposées, en partie pour éviter que ce soit trop lourd, mais aussi pour des considérations spirituelles. « Ils n'ont pas toute la responsabilité que l'adulte a par rapport aux prières. Bien souvent, dans les danses de guérison, on va leur demander de ne pas les faire, parce que ça peut être trop intense pour eux », explique la mère de famille.

Transmettre la culture

Les Hamel-Roy participeront à sept pow-wow durant la saison estivale. C'est le nombre idéal, selon Lyliane Hamel-Roy. La jeune fille s'illustre lors de ces événements par ses habiletés en danse. « Moi, je tourne. D'ailleurs, ma cousine veut que je lui montre comment danser comme moi », relate l'enfant de 10 ans.

Même si son père n'est pas autochtone, Martin Roy tenait à ce que ses enfants, Akian et Lyliane, apprennent la culture autochtone. « Je trouve que c'est important pour mes enfants d'apprendre leur culture et de vivre cela. » Lors des longues danses, il s'assure que sa conjointe et ses enfants ont assez de nourriture ou d'eau. « Il est aussi là pour nous soutenir moralement. Des fois, c'est très difficile et très demandant. Il fait chaud », raconte Mme Hamel.

Pour le couple, les pow-wow sont la meilleure façon de faire connecter leurs jeunes à leur culture. « L'enfant ne peut pas s'identifier à ça à travers les livres, mais en partageant, en participant, ils apprennent beaucoup plus dans les pow-wow », conclut Mme Hamel.

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