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Une finale toute en beauté pour une édition historique

Claude Dubois a une voix inimitable. Avec le temps, on constate qu'en plus, elle est inaltérable.

Un texte de Josée Bourassa

Le rendez-vous entre ce grand de la chanson québécoise et son public termine en beauté le 25e Festivoix de Trois-Rivières.

La grande foule lui a démontré à plus d'une reprise son amour et son admiration. Sur les notes toutes en reggae de sa chanson L'artiste, Claude Dubois est arrivé sur scène en saluant le public d'un baiser.

Au fil de ses plus grands succès : Le blues du business man, J'ai souvenir encore et Laissez l'été avoir 15 ans, on sentait la foule au même diapason que l'artiste, comme une parfaite symbiose. Il a teinté ses chansons de jazz, de samba, des rythmes parfaits pour ces belles soirées d'été.

Tous ont eu le souffle coupé devant la puissance et la justesse de sa voix. On ne pouvait souhaiter mieux pour terminer 10 jours de festivités.

Une édition historique

Les organisateurs du Festivoix n'hésitent pas à qualifier ce 25e anniversaire d'édition historique.

Si on pense à l'achalandage qui n'a jamais faibli malgré la canicule, c'est dire qu'on a élaboré une programmation gagnante. Pendant les 10 jours, aucun contretemps n'est survenu.

Même la météo a collaboré en se délestant de sa pluie à l'extérieur de la zone du festival. La canicule n'est venue à bout de personne, ni des équipements techniques.

Il faut aussi retenir que le Festivoix a connu un rayonnement plus grand que pour les éditions précédentes. La venue des groupes Bad Religion, Three Days Grace et le tournage de l'émission spéciale Belle et Bum en font foi.

« C'est comme un temps gagné sur la progression, on vit une croissance soutenue. L'important, c'est de grandir en gardant ce qui fait notre force : l'accessibilité et la qualité des lieux », me confiait le directeur général Thomas Grégoire.

Pour avoir suivi le Festivoix depuis le jour un, c'est aussi le moment de faire mon propre bilan de cette 25e édition.

Ce dont je me souviendrai

J'ai encore en tête les images des membres du groupe Bad Religion profitant de la ville et sympathisant en toute simplicité avec ses fans. Je revois aussi une foule attentive et émue au spectacle de Paul Piché. Je ressens encore l'énergie du public au spectacle de Three Days Grace.

Je m'entends encore chanter avec le grand Pagliaro et le public, ses chansons qui ont su traverser le temps. Je repense aussi au grand coup de coeur éprouvé pour Émile Bilodeau, que je voyais pour la première fois en spectacle.

Je me revois danser et espérer que Valaire ne s'arrête jamais de jouer et je suis encore secouée de voir toute la logistique qu'impose le tournage de l'émission Belle et Bum.

Ce qui m'attriste un peu

C'est d'avoir manqué le rendez-vous inoubliable avec QW4RTZ et toutes les voix magnifiques qui l'ont accompagné sur scène.

D'avoir aussi manqué Valérie Milot et Jean-Michel Blais parce que quelques obligations liées à mon travail devaient passer avant mon plaisir.

Mais je sais, pour vous avoir entendu ou lu sur les réseaux sociaux, que vous aurez ces moments en tête longtemps.

Ce qui m'a agréablement surprise

Les îlots de fraîcheur en pleine période de canicule; le tunnel reliant la rue des Forges à la scène des Voix populaires embelli par les lasers de l'artiste Jérémie Deschamps-Bussières; la nouvelle scène des Voix Accoustiques; les camions de restaurations à la scène des Voix Jazz; le sourire des bénévoles.

À ce titre, je tiens à souligner le son et la technique impeccables sur toutes les scènes. J'ai appris en cours de route que la canicule aurait pu venir à bout de tous ces équipements, nécessaires à la présentation des spectacles.

Ce qui m'a fait rire et sourire

Tire le Coyote qui n'est pas capable de partir à la fin de son spectacle parce que les gens en redemandent.

La foule qui demande un rappel aux Trois Accords après trois chansons. D'ailleurs, ça pourrait devenir la blague récurrente pour les prochains spectacles du groupe : Trois Accords, trois chansons, Trois-Rivières.

Je ris un peu sous ma cape en repensant à ces pauvres artistes qui avalent des éphémères qu'on appelle communément des « mannes ». On s'est retrouvé en pleine saison de reproduction de ces insectes de bord de fleuve si attirés par la lumière. Le résultat, c'est que tous ceux qui ont été sur la scène des Voix Populaires y ont goûté.

Vous verrez ça en regardant le spécial de Belle et Bum.

Je souris aussi en repensant à ces deux amies festivalières de longue date me raconter qu'il était hors de question pour elles de venir voir Bad Religion.

Et finalement, j'ai presque pouffé de rire de voir tous les objets interdits mis en consigne pour le spectacle de Ludovick Bourgeois.

Là-dessus, à l'an prochain !

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