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Vie sauvée chez Costco, la famille réclame plus de défibrillateurs dans les commerces

L'incident est survenu le 26 février dernier. Un homme de 63 ans a eu un malaise cardiaque aux caisses à l'entrepôt Costco de Trois-Rivières. Si ses filles acceptent de prendre la parole publiquement, c'est pour sensibiliser les commerçants à un enjeu qui passe sous le radar selon elles.

Un texte de Marie-Ève Trudel

Pour Joanie et Noémie Gaudet, leur père a eu la vie sauve, grâce à l'utilisation du défibrillateur externe automatisé (DEA), installé à quelques pas des caisses. Autrement, le dénouement aurait été tout autre.

« Aucun doute, il serait décédé, dit Joanie Gaudet. Le massage cardiaque n'aurait pas suffi pour le réanimer. Il était vraiment inconscient. Son coeur avait cessé de battre. Il ne respirait plus ».

Pascal Paquet était lui aussi là au bon moment lorsqu'un employé a demandé de l'aide pour prendre le relais et poursuivre le massage cardiaque. Le client, qui était également dans la file d'attente, n'a fait ni une, ni deux.

« Tu restes saisi un petit peu, mais on dirait qu'on devient tout de suite dans notre bulle, malgré qu'il y a beaucoup beaucoup de monde autour de nous », explique-t-il.

Pascal Paquet avait une formation en réanimation cardiorespiratoire (RCR), mais il n'avait jamais eu à la mettre en pratique.

Une intervention rapide en RCR, combinée à l’utilisation d’un DEA dans les premières minutes, double les chances de survie, selon la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC.

Plus concrètement, chaque délai d’une minute avant la défibrillation fait chuter le taux de survie de 7 à 10 %, estime la Fondation.

La rapidité d'action des gens qui sont intervenus et l'efficacité de la machine, « tout ça fait en sorte qu'il n'a pas eu de manque d'oxygène au cerveau », explique Joanie Gaudet. Son père s'en tire sans séquelle. Les soeurs croient que tous les commerces devraient être équipés de la sorte.

Pas de registre officiel des DEA

Difficile d'évaluer combien de commerces sont munis de défibrillateurs au Québec. La Fondation Jacques-de Champlain milite pour un registre officiel.

Actuellement, les détenteurs de DEA s'enregistrent sur une base volontaire. Signe de la difficulté d'uniformiser les pratiques, l'entrepôt Costco de Trois-Rivières n'est d'ailleurs pas enregistré.

Pour Joanie et Noémie Gaudet, avoir la machine, c'est le minimum. Et le prix ne devrait pas être un frein. « Ce n'est pas exorbitant », renchérit Joanie Gaudet.

Un défibrillateur coûte entre 1200 et 1800 dollars. Il faut aussi prévoir un peu plus de 60 dollars aux deux ans pour renouveler les électrodes.

Si un ou deux commerçants décident de s'équiper, elles auront le sentiment que leur message a trouvé écho.

En attendant, Joanie Gaudet a décidé de suivre un cours de RCR. Sa soeur planifie se mettre à la page aussi dans les prochaines semaines. Pour elles, c'est une façon de montrer l'exemple.

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