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Visite importante du Dr Julien à Trois-Rivières

Qu'il attire les bons mots ou les critiques, son passage ne passe jamais inaperçu. Le père de la pédiatrie sociale au Québec, le Dr Gilles Julien, a passé une partie de la journée de lundi au Centre de pédiatrie sociale de Trois-Rivières (CPSTR) pour l'évaluer en vue de le certifier. Il s'agit de l'ultime étape de cette reconnaissance qui pourrait faire grandir encore plus la pédiatrie sociale dans la région.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

Le Dr Julien, accompagné de deux travailleuses sociales de son équipe, est venu constater l’évolution du CPSTR, fondé par le Dr Raymond Perreault en 2009 et appuyé par le Dr Michel L’Etoile, le premier à avoir vu le jour après celui du Dr Julien à Montréal.

« À l’époque, il y avait une équipe mobile qui allait dans des groupes communautaires, mais il manquait un nid, se rappelle Dr Julien. Là, ils l’ont trouvé. Il est dans un milieu de grande vulnérabilité, il y a de l’espace, il y a de la vie. »

Je suis arrivée en même temps qu’une famille qui s’est dite enchantée. Il faut qu'on soit bien quand on arrive dans ces lieux-là. C’est essentiel.

Dr Gilles Julien, père de la pédiatrie sociale

Cette certification permet non seulement au centre d’être supporté financièrement, mais aussi d’avoir une certaine crédibilité aux yeux des partenaires ainsi que de la population qui est invitée à donner lors de la guignolée annuelle.

Selon le Dr Julien, cette évaluation n’est qu’une formalité dans le cas du centre de Trois-Rivières.

« On connaît les intervenants, ils sont venus pour la plupart faire des stages cliniques chez nous », explique-t-il.

Les gens du Centre de pédiatrie sociale de Trois-Rivières n’auront pas à patienter trop longtemps. La direction devrait avoir des nouvelles de cette évaluation d’ici quelques semaines.

L’importance de la certification

En tout, il y a 21 centres au Québec dont 12 certifiés et 9 qui sont en voie de le devenir comme celui de Trois-Rivières.

Ce dernier est en attente d’une certification depuis déjà quelques années afin de le faire grandir. Le processus a toutefois été ralenti en 2014 par le décès du Dr L’Etoile et du départ à la retraite du Dr Perreault.

L’organisation a dû se retrousser les manches et mettre les bouchées doubles pour trouver de la relève chez les pédiatres et mettre en place des stratégies créatives pour remplir les critères.

« Ça donne une crédibilité, une authenticité, qu’on reconnaît leur approche. On peut dire aux gens qui nous téléphonent que c’est un vrai centre de pédiatrie sociale qui fait l’approche de pédiatrie sociale en communauté », explique le Dr Julien.

Les objectifs du CPSTR

Le Centre de pédiatrie sociale de Trois-Rivières gère présentement un peu plus de 350 dossiers. Une fois la certification confirmée, son objectif serait de venir en aide à 800 enfants vulnérables d'ici cinq ans, ce qui représente un budget annuel de 1,2 million de dollars.

L'objectif serait de recevoir des patients quatre jours par semaine.

Le président du conseil d’administration, Alain Lemieux, dit aussi souhaiter atteindre un niveau supérieur de certification.

« L'étape de certification va nous emmener ailleurs entre autres aller vers un centre mentor, en coaching, qui permettrait d'aider d'autres cellules de pédiatrie sociale dans la région », explique-t-il.

Le gouvernement du Québec a annoncé l’automne dernier l’octroi de 20 millions de dollars sur quatre ans pour permettre l’ouverture de quatre à cinq centres par année.

Ce ne serait donc pas surprenant de voir d'autres centres voir le jour au cours de la prochaine année dans la région.

« Le gouvernement s’est impliqué en raison de cette rigueur-là », mentionne Dr Julien, en rappelant l’importance pour chaque centre de se doter d’une structure.

Il soutient que Québec a constaté que l’approche est efficace pour les personnes qui sont difficiles à rejoindre par le système.

« On a une formule gagnante d’entreprise sociale qui gagne du terrain, de nouvelles façons de voir les choses. Pour nous, la famille et l’enfant sont toujours présents dans les discussions, du début à la fin dans l’élaboration du plan. Dans les milieux plus institutionnels, on n’est pas habitués à ça. On décide pour eux », explique-t-il.

Conséquences

Même si elle est attendue depuis longtemps, la certification du CPSTR aura des impacts.

Depuis quelques années, il finançait une partie des programmes d’ergothérapie et d’art thérapie offerts dans les écoles des milieux défavorisés de Trois-Rivières ainsi que dans certains organismes communautaires.

Le CPSTR ne donnera dorénavant plus un sous. Il ne ferme pas la porte à collaborer avec ces organisations, mais d'une manière différente.

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